Profession : chasseur de trésors

11/02/12 à 16:00 - Mise à jour à 16:00

Source: Le Vif

Il y a quelques jours, des chercheurs ont localisé un trésor immergé de plus de trois milliards de dollars. De quoi mettre à l'abri en temps de crise... Erick Surcouf est l'un de ces explorateurs des temps modernes.

Profession : chasseur de trésors

© Erick Surcouf

Baroudeur dans l'âme, il pourrait être l'Indiana Jones des fonds marins. La chasse aux trésors, Erick Surcouf en a fait son métier. Sa famille lui a transmis cette passion. Tout commence cinq générations plus tôt, avec Robert Surcouf, corsaire en chef pour Napoléon Ier, rien de moins. La traque aux bateaux est donc bel et bien une histoire de famille, et Erick l'a dans le sang. L'homme s'amuse et abuse de cette généalogie de prestige. Alors que son ancêtre tombait les navires ennemis, lui finit le travail en allant chercher les trésors cachés dans les cales des bateaux anciens. Sa devise: "Bon sang ne saurait mentir". Son aïeul l'inspire et le motive dans ses expéditions... D'ailleurs, il paraît qu'il lui ressemble, dit-il.

Passionné de la grande histoire, il l'est également de la petite. Son récit, ponctué d'anecdotes croustillantes sur les épaves qu'il a retrouvées, a nourri quantité de livres. Et l'histoire n'est pas finie. A 63 ans, l'homme a fait le tour du monde, sans jamais se lasser de ses nouvelles découvertes. Venezuela, Kenya, Comores... Aujourd'hui, c'est de la Chine dont il rêve. Depuis les années 1980, il a sillonné les océans avec ses équipes, abandonnant une vie qu'il jugeait "étriquée". Avant ses 30 ans, il lâche du lest. Et continue, en dilettante, son activité de directeur d'agence de photographie pour la publicité. Surcouf Production, qu'il a fondée, lui assurait pourtant une vie confortable et rangée, mais ennuyeuse. "Métro, boulot, dodo, très peu pour moi", résume-t-il.
L'aventurier se souvient de sa première expérience, en Haïti, en 1980. Son ex-vie mondaine et ses contacts dans la pub lui permettent de rencontrer du beau monde. A l'entrée d'une boîte de nuit, il croise Alain Dominique Perrin, grosse tête de chez Cartier. Avec ce sponsor prestigieux en poche, Erick décroche son ticket pour l'aventure. Il monte le Groupe Surcouf en 1998 et réunit autour de lui une équipe fidèle. Les financements qu'il obtient lui permettent d'emmener une dizaine de personnes et du matériel haut-de-gamme dans chacune de ses expéditions, pendant parfois plusieurs mois. Avec une dizaine de chasses à son actif, son CV à de quoi faire pâlir bon nombre d'explorateurs.

Le trésor est la cerise sur le cadeau

Erick ne s'en cache pas, il s'est enrichi grâce à ses voyages, remontant régulièrement des objets précieux à la surface. Mais l'homme est avant tout un bon vivant, amatteur de champagne et de tablées entre amis. Pas le genre à cacher un tas d'or dans son grenier. Pas vraiment flambeur, mais dépensier, il dit partir en expéditions lors de ses "périodes de vaches maigres".

L'aboutissement, c'est bien la trouvaille de quelques bijoux et pièces d'or. Mais pour lui et ses collaborateurs, le trésor ne se limite pas aux objets trouvés: "La quête a également énormément d'intérêt. Sur le plan humain, faire le tour du monde, profiter de toutes ces rencontres et expériences, ça n'a pas de prix", explique-t-il avec un enthousiasme patent.

Quand il a abandonné une vie tranquille et toute tracée, sa famille l'a pris pour un fou. Mais "lâcher la proie pour l'ombre", Erick ne l'a jamais regretté. Thierry Proust, qui a eu l'occasion de diriger certaines de ses opérations, parle d'un homme à l'enthousiasme communicatif, qui a souvent convaincu les plus sceptiques. "Ce charisme a son revers. Erick donne parfois tellement l'impression que c'est gagné d'avance que certains peuvent être déçus, lorsque ça ne marche pas comme prévu", explique-t-il. Mais ce fonceur n'est pas de ceux qui abandonnent au premier échec. L'aventurier n'a de cesse de le répéter: "Qui ne tente rien, n'a rien".

Léonore Guillaume

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