Le business de l'apocalypse

25/11/12 à 09:51 - Mise à jour à 09:51

Source: Le Vif

La fin du monde est (plus ou moins) annoncée pour le 21 décembre. Ce qui est sûr, c'est que plusieurs secteurs profitent du phénomène, très rentable. Tout le monde ne mourra pas pauvre.

Le business de l'apocalypse

© Thinkstock - image d'illustration

Si les Mayas disent vrais, la fin du monde est donc pour le 21 décembre prochain. Et seuls ceux qui s'y sont préparés seront épargnés. Pour les autres, il y a toujours moyen de se procurer un kit de survie avec masque à gaz, réserves de nourriture et médicaments. Ou bien d'investir dans un bunker résistant aux catastrophes nucléaires. En attendant, tour d'horizon d'une prévision très bankable.
Les "arts" et les "lettres"

Un des premiers secteurs à profiter des croyances catastrophistes, c'est le cinéma. Et la liste est longue. Citons seulement quelques opus : Independance Day (34e au box-office), Godzilla, 2012 (41e au box-office) ou Le jour d'après. Tous ces films ont rapporté des bénéfices colossaux, en surfant sur la vague du jugement dernier.
Côté bouquin, on ne compte plus les ouvrages au scénario attendu. Chroniques de la fin du monde (16,86 euros sur amazon), Scénarios de la fin du monde, Vivre ensemble la fin du monde (expédié sous 8 jours, faut vraiment plus traîner), 12 choses à faire avant la fin du monde...

Les médias

Les événements dramatiques renforcent la vision pessimiste du futur dans l'inconscient collectif : le 11 septembre 2001, le tsunami de 2004, la grippe H1N1, la crise mondiale, les guerres, la catastrophe de Fukushima, le réchauffement climatique, les tremblements de terre, les ouragans Katrina ou Sandy... Ce dernier a d'ailleurs fait l'objet de grands titres dont l'originalité frise le génie : Sandy : la fin du monde, New York : l'apocalypse... Les quotidiens ont fait leurs choux gras en vendant la catastrophe.

Le tourisme

Une équipe d'archéologues américains a mis au jour en mai dernier le plus ancien calendrier maya. Les tablettes, datées du IXe, étalent leurs prédictions sur plus de 6 000 ans. D'après les scientifiques, les mayas n'auraient donc en rien annoncé l'apocalypse. Tout au plus la fin d'un cycle. Qu'importe, c'est une aubaine exceptionnelle pour le tourisme mexicain, qui abrite parmi les plus célèbres temples de la civilisation disparue. Le gouvernement a beaucoup investi dans le tourisme, en espérant doubler les bénéfices en 2012 (14,6 milliards de dollars de plus que l'année dernière). Plusieurs tours opérateurs proposent des circuits "spécial fin du monde". Comme l'agence Ultra Marina, qui a vu le nombre de ses réservations pour le Mexique doubler en un an...

Tout près de chez nous, une rumeur s'est propagée à propos de Bugarach, un petit village français du département de l'Aude : la bourgade serait épargnée par la fin du monde. Les maisons de la localité, prises d'assaut, ont vu leurs prix flamber. Les habitants, eux, n'en peuvent plus de voir défiler les touristes. En attendant, le commerce local ne connaît plus la crise.

En lisant cet article, vous avez encore perdu quelques minutes du peu qu'il vous reste à vivre, si vous ne vous êtes pas bien préparés. Dans ce cas, vous pouvez juste regretter ce que suggérait - non sans dérision - le site www.211212.info pour sauver l'humanité : une pétition pour la suppression du 21 décembre 2012 de tous les calendriers... Adieu les amis !

Julien Ide

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