Des soldats fêtent les 130 ans de leur régiment en escaladant le "Crayon" (en images)

07/06/18 à 10:25 - Mise à jour à 10:25

Ils ne lavaient pas les vitres mais fêtaient leur anniversaire: des soldats du 7e régiment du matériel, une unité des troupes de montagne créées voilà 130 ans, ont escaladé mercredi une tour emblématique du quartier de la Part-Dieu à Lyon.

Construite dans les années 70 à l'emplacement d'une ancienne caserne, la tour de la Part-Dieu est surnommée le "Crayon" par les Lyonnais en raison de sa forme caractéristique. Elle culmine à 165 mètres. Quatre militaires se sont relayés en "escalade libre", c'est-à-dire l'aide de matériel, sauf des cordes pour s'assurer. Ils ont utilisé une des fissures architecturales de la façade alvéolée pour fixer des points d'ancrage mécaniques, garants de leur sécurité, avant de se lancer dans l'ascension.

"Même si l'on est ici un peu loin des sommets, c'est une action de rayonnement pour faire connaître notre régiment, le seul implanté à Lyon, en montrant l'un de nos savoir-faire: le franchissement vertical à mains nues", a expliqué le colonel Laurent Kuntzmann, chef de corps du 7e RMAT qui rassemble environ 650 personnes, dont 30% de civils.

Cette unité de maintenance et de soutien opérationnel aux troupes de la 27e brigade d'infanterie de montagne, dont font partie les chasseurs-alpins, était engagée "massivement" au Mali en 2016, après l'Afghanistan en 2011/2012. Ses soldats-mécaniciens "alimentent aussi régulièrement les flux de renforts envoyés à travers le monde", selon la même source.

C'est le sergent Denis qui a gravi les 35 premiers mètres. "Notre champ d'action ordinaire, c'est la montagne mais on va s'adapter", a-t-il dit avant de placer le bout de ses doigts, protégés par des straps, dans la fissure de 5 centimètres de large et de commencer à se hisser, de côté et en prenant appui sur des pans de la façade avec les pieds.

Mais dès le 2e grimpeur, le vent, source de déséquilibre, a compliqué la tâche et il a fallu changer de technique pour escalader de face en introduisant aussi les orteils dans la fissure, la progression étant ainsi plus difficile. "Les rafales sont de plus en plus fortes, le 3e essaie quand même, c'est le job! Ils ne veulent rien lâcher. Ils m'ont dit: t'annule pas!", a souligné l'adjudant Raphaël, guide de haute montagne et responsable technique au sein du régiment, après un nouveau relais. "Ce qui est rigolo, c'est que la tour bouge un petit peu, on le sent quand on a les doigts dans la fissure", a-t-il noté.

Le 4e grimpeur a dû se déporter sur la gauche pour boucler l'ascension entre deux lettres du logo de la banque LCL - le "Crayon" est historiquement la tour du Crédit lyonnais - au sommet de l'édifice.

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