Inde: David Cameron se rend sur les lieux d'un massacre à l'époque coloniale

20/02/13 à 07:32 - Mise à jour à 07:32

Source: Le Vif

(Belga) Le Premier ministre britannique, David Cameron, devait achever mercredi sa visite en Inde par un déplacement inattendu sur les lieux d'un massacre perpétré par les troupes anglaises pendant l'époque coloniale, avec l'objectif, pour la première fois, d'exprimer des regrets.

Inde: David Cameron se rend sur les lieux d'un massacre à l'époque coloniale

Lors de ce déplacement, qui ne figurait pas au programme officiel de cette visite de trois jours en Inde, M. Cameron devait se rendre à Amritsar, au Pendjab, qui abrite le temple le plus vénéré par les Sikhs et fut le théâtre d'un massacre en 1919. Selon des sources locales et diplomatiques, il devait visiter le temple d'or avant de se rendre à Jallianwala Bagh, un jardin au coeur de la ville où le 13 avril 1919 des soldats anglais ouvrirent le feu sur les participants à un rassemblement politique pacifique, tuant des centaines d'Indiens. Cet épisode, connu sous le nom du "massacre d'Amritsar", figure encore dans les manuels scolaires en Inde. "J'espère qu'il va rendre un hommage et présenter des excuses pour les morts", a déclaré à l'AFP le secrétaire du mémorial, S.L. Mukherjee. Selon la presse britannique, M. Cameron devrait toutefois s'abstenir de présenter des excuses. Il devrait laisser un message de condoléances sur le registre des visiteurs et exprimer des regrets pour la perte de vies humaines. Le déplacement de M. Cameron, tenu secret jusqu'à mercredi matin, est considéré par certains de ses conseillers comme une entreprise à double tranchant. L'Inde se félicitera certainement d'une reconnaissance officielle du massacre, exprimée pour la première fois par un dirigeant britannique, mais certains s'inquiètent du risque d'exhumer le passé au moment où M. Cameron insiste sur les perspectives d'avenir entre l'Inde et l'ex puissance coloniale. Exprimer des regrets, et non des excuses, pourrait aussi susciter des interrogations sur l'incapacité des Britanniques à présenter de plates excuses. (MUA)

Nos partenaires