La sorbonne bascule

19/04/18 à 21:00 - Mise à jour à 12/04/18 à 16:29

Journée sanglante, le 3 mai voit l'occupation puis l'évacuation musclée de la faculté de Lettres face à la menace d'une attaque par le groupe d'extrême-droite Occident. Dans la soirée, les étudiants contestataires affrontent la police.

DU sang sur le boulevard Saint Michel. Fermeture, jeudi (2 mai 1968), de la faculté de Nanterre et, vendredi (3 mai), de la vieille Sorbonne, avant une soirée de véritable émeute au Quartier latin. Les Français venaient de comprendre que la maladie qui secoue depuis des mois les universités italiennes et allemandes avait atteint la France. Tout est parti de Nanterre. Nanterre à la chinoise. Une première fois, il y a deux mois et demi, la faculté de Nanterre avait été fermée pour deux jours. Autrement, il faut remonter jusqu'à novembre 1940 pour trouver un précédent. Mais, à l'époque, les clés des universités étaient entre des mains allemandes. La décision, cette fois, fut prise en haut. Dans le bureau d'Alain Peyrefitte, ministre de l'Education nationale, qui, de la rue de Grenelle, suivait heure par heure les grandes manoeuvres nanterroises de ce qu'on a appelé les " enragés ", qu'ils soient à la gauche de la gauche ou à l'extrême droite. Dès le jeudi matin, le ministre connaissait en gros le plan de bataille. L'extrême gauche étudiante, au cours d'une nuit blanche, venait de mobiliser ses troupes, ses casques, ses voitures, ses matraques et ses sandwiches pour " empêcher le fascisme de passer ". En l'occurrence, les commandos du mouvement Occident, prêts, disait-on, à venir planter ses micros " chez les Rouges ".
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