GB: les centres d'accueil privés abusent du travail des demandeurs d'asile

23/08/14 à 03:20 - Mise à jour à 03:20

Source: Le Vif

(Belga) Les exploitants privés de centres d'accueil pour demandeurs d'asile en Grande-Bretagne abusent de ces derniers qu'ils retiennent comme main d'oeuvre bon marché, dénonce vendredi The Guardian sur base d'une enquête menée par l'ONG Corporate Watch.

Ces sociétés, telles que G4S ou Serco, éviteraient ainsi de dépenser des millions de livres sterling par an, selon cette organisation. Pour le mois de mai dernier, le Home Office (ministère britannique de l'Intérieur) a estimé que les personnes enfermées dans les centres d'accueil privés avaient travaillé quelque 45.000 heures de main-d'oeuvre. Mais à peine 45.500 livres sterling apparaissent dans les dépenses en salaire. Au minimum salarial, les exploitants auraient dû débourser 280.000 livres. Sur une année, ceux-ci économisent dès lors 2,8 millions de livres. "Nous ne pouvons pas travailler dehors, alors ici à l'intérieur, ils distribuent les boulots comme des morceaux de tarte", témoigne dans the Guardian un détenu, Ralph Ojotu, qui travaille comme aide de ménage au centre d'accueil de Harmondsworth. Il critique l'hypocrisie du gouvernement britannique qui lui interdit de travailler hors les murs pour subvenir aux besoins de ses deux enfants, alors qu'il ne peut travailler que pour une livre de l'heure au sein du centre. Tout comme les personnes condamnées, les demandeurs d'asile n'ont pas droit au salaire minimal, mais peuvent travailler pour s'acheter des produits de première nécessité. Deux centres d'accueil gérés par le gouvernement font aussi travailler les immigrés à une livre de l'heure. Selon les derniers chiffres, les implantations britanniques et irlandaises de G4S ont réalisé l'an dernier 122 millions de revenu imposable. Secro en est à 106 millions, Mitie's à 127,5 millions et la maison-mère de GEO à 184 millions. Réagissant à cette enquête, le Home Office a souligné que les immigrés enfermés avaient le choix de travailler ou non. Les inspecteurs disent en outre recevoir des signes de contentement de ceux qui peuvent travailler. (Belga)

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