France: le procès du Mediator renvoyé pour un supplément d'information

31/05/13 à 15:13 - Mise à jour à 15:13

Source: Le Vif

(Belga) Le tribunal correctionnel de Nanterre (ouest de Paris) a décidé vendredi de reporter d'au moins un an le procès du Mediator, un médicament antidiabétique accusé d'avoir déjà causé des centaines de morts en France, après avoir ordonné un supplément d'information.

La date d'une reprise du procès, qui vise les laboratoires Servier pour "tromperie aggravée, pourrait être fixée lors d'une audience de procédure prévue le 15 mai 2014. La présidente de la 15e chambre du tribunal, Isabelle Prévost-Desprez, a jugé que le tribunal était dans l'impossibilité de prendre une décision en l'état et a demandé à ce que "la totalité du dossier" de l'instruction actuellement en cours à Paris sur les même faits lui soit transmise, une fois que celle-ci sera terminée. Ce volet de l'enquête pourrait être, selon le parquet de Paris, bouclé à l'été 2013. Les 700 parties civiles, qui souhaitaient un jugement et une indemnisation rapides, avaient choisi la procédure de la citation directe des laboratoires Servier devant le tribunal de Nanterre, pour "tromperie aggravée". Mais l'enquête judiciaire ouverte à Paris, pour "tromperie aggravée et escroquerie", se poursuit parallèlement. Il y a eu au cours des débats qui se sont tenus jusqu'ici "de multiples références à l'instruction en cours" à Paris et le tribunal est à ce stade "dans l'incapacité de dissiper certaines contradictions", a relevé la présidente pour justifier sa décision. Jeudi, le parquet de Nanterre avait demandé un supplément d'information mais plus restreint, portant notamment sur le rapport d'expertises ordonné par les juges d'instruction parisiens et rendu public en avril. Selon ce document, le Mediator, un antidiabétique largement détourné comme coupe-faim durant sa commercialisation de 1976 à 2009, pourrait provoquer de 1.300 à 1.800 morts par valvulopathie (défaillance des valves cardiaques) en France. Les conseils des laboratoires Servier avaient eux demandé un supplément d'information portant notamment sur le rôle dans cette affaire de l'Agence française du médicament, mise en examen en mars à Paris. (Belga)

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