France: l'Ordre des médecins sur la sellette au procès pour viols d'un gynécologue célèbre

04/02/14 à 22:39 - Mise à jour à 22:39

Source: Le Vif

(Belga) Le Conseil de l'ordre des médecins s'est retrouvé sur la sellette mardi à Paris, à la première journée du procès d'un gynécologue, l'un des plus grands spécialistes de la fécondation in vitro, poursuivi pour viols et agressions sexuelles sur sept patientes.

A la barre, André Hazout, âgé de 70 ans, interrogé sur sa vision du dossier, rappelle d'une voix douce avoir reconnu "des gestes inadéquats" et des rapports sexuels "consentis" avec certaines de ses patientes. L'audience a été marquée par la mise en accusation du Conseil de l'ordre des médecins de Paris, chargé de veiller au respect de la déontologie médicale. L'organisme avait été condamné par la cour administrative de Paris pour ne pas avoir réagi pendant de nombreuses années à des plaintes de victimes du Dr Hazout. "Je trouve surprenant que le Conseil de l'ordre ait l'impudence de vouloir se constituer partie civile", a lancé l'avocat de l'une des victimes, Me Georges Holleaux. "Avant que ma cliente ne dépose la première plainte devant la justice en 2005, le Conseil avait déjà reçu des plaintes depuis 1988 et il s'est borné à un classement vertical considérant qu'il ne s'agissait pas de plaintes mais de doléances". "Le Conseil n'a pas fait son travail, n'a pas exercé son autorité, n'a pas mis de l'ordre dans ses troupes. C'est votre défaillance qui pendant 16 ans n'a pas permis de mettre un terme aux pratiques du Dr Hazout", a-t-il insisté. Le tribunal a décidé de surseoir à statuer sur l'acception ou non de la partie civile du Conseil de l'ordre. Il rendra sa décision à la fin du procès. Le reste de l'audience a été consacrée à la personnalité de l'accusé: son enfance en Algérie, son retour en France après l'indépendance, ses études de médecine et sa brillante réussite professionnelle dans la fécondation in vitro, ses travaux dans ce domaine lui valant une renommée internationale. Enfin, sa chute après sa mise en cause pour agressions sexuelles, sa radiation du conseil de l'ordre en 2013 et sa reconversion dans le conseil pour des laboratoires. (Belga)

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