France: à l'ouverture son procès, l'ex-chef militaire ETA dénonce la torture en Espagne

26/03/13 à 18:50 - Mise à jour à 18:50

Source: Le Vif

(Belga) L'ancien chef de l'appareil militaire de l'ETA, Mikel Garikoitz Aspiazu Rubina, alias "Txeroki", a dénoncé mardi la torture "systématique" pratiquée par les autorités espagnoles à l'encontre des etarras, à l'ouverture de son procès devant le tribunal correctionnel de Paris.

Déjà condamné, mi-mars, à 20 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises spéciale de Paris, "Txeroki" comparaît mardi pour d'autres faits relevés lors de son arrestation, le 17 novembre 2008. Il est notamment accusé, au même titre que Leire Lopez Zurutuza qui a été arrêtée en sa compagnie, d'association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes terroristes et de détention d'armes de poing sans autorisation. Une fois les faits rappelés par la présidente, M. Aspiazu Rubina a lu un communiqué entièrement consacré à la dénonciation de la torture en Espagne. "Les militants basques en général et les membres de l'ETA en particulier sont systématiquement torturés", a fait valoir "Txeroki", reprenant une accusation régulièrement formulée par des etarras. Lors de l'interpellation de M. Aspiazu Rubina, a été saisie, notamment, une clef USB contenant un document, signé "TXK", mentionnant la stratégie à utiliser par les membres de l'ETA "qui consisterait à faire état de tortures fantaisistes quand ils tomberaient +dans les mains de l'ennemi+", a indiqué la présidente pendant l'audience. "Txeroki" a assuré ne pas être l'auteur de ce document et a dénoncé une "manoeuvre d'intoxication", de nature, selon lui, à "faire croire que la torture, c'est notre invention". Il sera également jugé en avril devant la cour d'assises spéciale de Paris au procès de l'assassinat de deux gardes civils espagnols à Capbreton en 2007, dont il n'est toutefois pas directement accusé. Hilare en début d'audience, au point d'être rappelé à l'ordre par la présidente qui lui a demandé d'être "attentif", "Txeroki" ne s'est exprimé que pour lire son communiqué. (DGO)

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