Expulsion d'un plombier afghan: "je ne suis pas une impératrice romaine"

29/09/13 à 15:54 - Mise à jour à 15:54

Source: Le Vif

(Belga) La secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration, Maggie De Block (Open Vld), a laissé entendre dimanche qu'elle n'irait pas à l'encontre de son administration dans le dossier de Navid Shariffi, un Afghan de 21 ans, que la Belgique s'apprête à expulser. "Je ne suis pas une impératrice romaine" qui pourrait juger selon son bon vouloir, a-t-elle expliqué sur le plateau de "De Zevende Dag".

Depuis une semaine, les médias et le monde politique flamands se passionnent pour le cas de ce jeune plombier, habitant à Waregem et parfaitement intégré dans la vie locale. Ses demandes d'asile et de régularisation de son séjour en Belgique sont toutes demeurées vaines. Il devrait donc être rapatrié vers l'Afghanistan qu'il a quitté en 2008 alors qu'il était mineur. A l'échelon local, des initiatives de soutien ont vu le jour, relayées depuis plusieurs jours au niveau national. Groen a exhorté Mme De Block à user du pouvoir discrétionnaire qui est le sien pour régulariser Navid Shariffi. Les Verts ont également lancé le débat sur le "kinderpardon": la possibilité d'une régularisation d'étrangers arrivés en Belgique alors qu'ils étaient mineurs, qui séjournent dans le royaume depuis plus de 5 ans et dont la demande d'asile court depuis une longue période. La N-VA s'est déclarée partisane d'un tel débat. "Comment pouvez-vous expliquer que des jeunes parfaitement intégrés, qui paient des impôts doivent quitter sur le champ le pays alors que des criminels illégaux ne sont pas éloignés", a demandé le député Theo Francken. Le sp.a a appelé lui aussi Mme De Block à refuser l'expulsion du jeune Afghan. Le président Bruno Tobback n'est pas chaud en revanche à l'idée d'un "kinderpardon", donnant l'impression que des fautes ont été commises, et soutient plutôt la tenue d'un débat au parlement sur les critères de régularisation. Mme De Block n'est pas non plus favorable au "kinderpardon" tel que l'entend Groen. "C'est ouvrir à nouveau toutes les portes et fenêtres. Les trafiquants d'êtres humains, qui se font payer pour amener des gens ici, vont se frotter les mains", a-t-elle prédit. (Belga)

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