Escapade culturelle en terrain miné pour Merkel et Hollande, en visite au musée du Louvre

30/05/13 à 16:42 - Mise à jour à 16:42

Source: Le Vif

(Belga) François Hollande et Angela Merkel veulent montrer que leurs deux pays entretiennent une entente sans faille. Jeudi, ils ont choisi de visiter ensemble une exposition controversée sur l'art allemand au musée du Louvre à Paris qui ne va pas vraiment dans ce sens.

L'escapade culturelle du président français et de la chancelière allemande pour voir "De l'Allemagne (1800-1939), de Friedrich à Beckmann" était censée imprimer une marque artistique aux célébrations du 50e anniversaire du traité de réconciliation de l'Elysée entre les deux pays organisées depuis le début de l'année. Raté, selon les médias allemands. La chancelière allemande conservatrice et le président français socialiste ont parcouru une exposition qui réveille, affirment ces médias, tous les clichés du romantisme noir de l'Allemagne ayant mené inéluctablement au nazisme. Le très respecté hebdomadaire Die Zeit a été le premier à critiquer avec virulence cette exposition de plus de 200 oeuvres, qui dure jusqu'au 24 juin, dénonçant "un scandale politico-culturel". Pour le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung, le Louvre "a bricolé sa propre histoire de l'Allemagne, et cette histoire confirme tous les clichés du voisin sombre et romantico-dangereux". Le journal, un des titres les plus prestigieux de la presse allemande, juge notamment "problématique" la fin de l'exposition qui montre un extrait du film "Les Dieux du stade" de Leni Riefenstahl, réalisatrice de génie qui fut proche d'Adolf Hitler et fascinée par le Troisième Reich. L'ambassadrice d'Allemagne en France, Suzanne Wasum-Rainer, a rejeté la polémique: "Prêter au Louvre l'intention, dans un contexte de crise européenne, de mettre en lumière la +voie particulière+ qui a conduit l'Allemagne à la politique d'extermination national-socialiste, c'est se méprendre sur la volonté, l'érudition et l'engagement de l'ensemble des acteurs impliqués dans ce projet. Ces propos cherchent à créer un scandale politico-culturel qui n'a pas lieu d'être". (Belga)

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