Premier ecolab après la COP21: "Les années septante se fissurent"

24/01/16 à 15:13 - Mise à jour à 15:13

Source: Belga

"Les années septante se fissurent", a constaté dimanche le coprésident d'Ecolo Patrick Dupriez en conclusion d'un congrès à Bruxelles où les Verts ont appelé à saisir l'opportunité de l'accord climatique de Paris pour "créer demain", bâtir une société défossilisée, empruntant la voie du renouvelable.

Premier ecolab après la COP21: "Les années septante se fissurent"

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"Les années septante se fissurent, à Doel, Tihange et Bruxelles", a-t-il observé en évoquant les problèmes que rencontrent les centrales nucléaires et les tunnels bruxellois. Et pourtant, les autorités politiques, fédérales et régionales ne réalisent pas les choix qu'il convient de faire, a estimé le coprésident en revenant sur les 3 milliards d'euros d'économies sur 6 ans à la SNCB, la suspension pour une durée indéterminée des lignes wallonnes du RER, la diminution de 10% du soutien aux TEC en 2016, l'augmentation des subsides wallons aux aéroports et le développement routier wallon. "J'ai un peu le sentiment qu'une partie de la classe politique est restée au XXe siècle, nous sommes au XXIe siècle", a lancé Patrick Dupriez.

Réunis dans un premier "ecolab" sur l'après-Cop 21, les militants écologistes ont pu entendre des représentants de la mobilisation citoyenne exprimer leurs craintes que le changement soit verrouillé par le haut.

Des acteurs de l'économie durable (économie du partage, énergie verte, alimentation) ont également évoqué la nécessité d'un dialogue à la base, avec la société civile, sur le modèle athénien. "La transition va s'imposer par le bas, le job des écologistes est de créer les conditions d'émergence des alternatives et de les traduire en forçant les écueils bureaucratiques", leur a répondu la coprésidente Zakia Khattabi. Après Paris, "tout reste à faire", a-t-elle dit, et notamment provoquer le désinvestissement financier dans l'énergie fossile.

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"La Belgique reste quand même le pays du surréalisme, le premier conseil donné aux visiteurs du salon de l'auto était de s'y rendre... en transports en commun"

Zakia Khattabi a prôné "l'arrêt progressif des subventions à l'énergie fossile". Elle suggère également de soumettre les placements des fonds de pension des institutions publiques à des critères ambitieux, d'envisager un stress-test carbone. "La Belgique reste quand même le pays du surréalisme, le premier conseil donné aux visiteurs du salon de l'auto était de s'y rendre... en transports en commun", a-t-elle relevé alors que l'événement qui se clôture dimanche était dans le collimateur des Verts.

"Nous sommes premier du classement FIFA mais nous sommes également champions du monde des files sur les routes, 8 milliards de coût, selon la FEB", a rappelé Patrick Dupriez, évoquant les soutiens publics à la voiture de société. Ce dernier a appelé à développer une "vision" cohérente pour la SNCB, première priorité écologiste en matière de mobilité. Il faut y injecter des moyens financiers et proposer un véritable contrat de service public.

Les militants ont reçu dimanche les encouragements de la ministre luxembourgeoise de l'Environnement, l'écologiste Carole Dieschbourg venue faire rapport du désinvestissement financier dans le fossile. Celle-ci a également été applaudie par un public conquis quand elle a évoqué le vote à l'unanimité par le Parlement luxembourgeois d'une résolution appelant à la fermeture des centrales nucléaires en Belgique.

Les écologistes se sont donné rendez-vous fin avril pour un nouvel ecolab sur la mobilité. Les réflexions émergeant de ces travaux serviront à élaborer le programme électoral des Verts pour 2019.

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