Obama dévoile un vaste plan d'action contre le réchauffement climatique

26/06/13 à 09:24 - Mise à jour à 09:24

Source: Le Vif

Le président américain Barack Obama a dévoilé mardi un plan d'action ambitieux pour combattre le réchauffement climatique, promettant notamment de s'attaquer aux émissions de gaz à effet de serre produites par les centrales au charbon. Un discours largement salué par les groupes de défense de l'environnement et l'Europe.

Obama dévoile un vaste plan d'action contre le réchauffement climatique

© Reuters

Le président américain Barack Obama a dévoilé mardi une vaste initiative pour combattre le réchauffement climatique, promettant de s'attaquer aux émissions de gaz à effet de serre produites par les centrales au charbon. Il s'est aussi engagé à promouvoir davantage les sources d'énergie propre et à agir pour mieux protéger les Américains des effets du réchauffement.

Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 17% par rapport à 2005

Selon la Maison-Blanche, ce plan d'action devrait permettre aux Etats-Unis d'atteindre l'engagement du président de 2009 de réduire, d'ici 2020, les émissions de gaz à effet de serre de 17% par rapport à leur niveau de 2005.

"Les Américains, partout dans le pays, payent déjà le prix de l'inaction" contre le réchauffement, a martelé Barack Obama, soulignant que 2012 avait été l'année la plus chaude jamais enregistrée aux Etats-Unis. "La question est de savoir si nous aurons le courage d'agir avant qu'il ne soit trop tard et la manière dont nous répondrons aura un profond impact sur le monde que nous laisserons ....à nos enfants et nos petits-enfants", a-t-il ajouté.

"En tant que président, en tant que père et en tant qu'Américain, je suis ici pour vous dire que nous devons agir", a-t-il martelé dans un discours prononcé en plein air à l'Université Georgetown. Barack Obama a dit n'avoir aucune patience pour ceux qui nient la réalité du changement climatique - dont un grand nombre se trouvent au Congrès -, qui remettent en question le constat scientifique selon lequel les émissions de dioxyde de carbone (CO2) provenant des activités humaines contribuent à un réchauffement dangereux de la planète.

Réduire la pollution carbonique de 3 Gt Le président a ordonné à l'Agence de protection de l'environnement (EPA) de travailler étroitement avec les Etats, l'industrie et les autres parties prenantes pour établir des normes de pollution au gaz carbonique pour les centrales au charbon. "J'ai ordonné à l'EPA d'élaborer des normes de façon ouverte et transparente afin de donner la souplesse nécessaire aux différents Etats selon leurs besoins", a-t-il indiqué.

Selon la Maison-Blanche ces normes devraient être prêtes d'ici juin 2014 et finalisées un an plus tard. "Ce dialogue entre l'EPA et les différents acteurs permettra au final d'élaborer des règles fondées sur le bon sens qui auront le soutien de l'industrie et permettront une transition (...) vers une économie basée sur de l'énergie propre", avait indiqué un haut responsable de la Maison-Blanche.

Obama a aussi proposé huit milliards de garantie de prêts pour encourager des investissements dans des technologies innovantes dans les énergies fossiles et l'efficacité énergétique. Il demande que suffisamment de permis soient accordés pour des projets d'énergie renouvelable, solaire et éolienne, sur des terres fédérales pour produire assez d'électricité pour plus de six millions d'habitations d'ici 2020.

Toutes ces actions conjuguées devraient permettre de réduire la pollution carbonique d'au moins trois milliards de tonnes (3 Gt) en cumulé d'ici 2030, soit la moitié des émissions annuelles des Etats-Unis. Le président Obama a également indiqué mardi que le projet controversé de pipeline Keystone XL entre le Canada et les Etats-Unis ne serait approuvé que s'il ne génère pas un accroissement des émissions de gaz à effet de serre.

"Le meilleur discours sur le climat jamais prononcé par un président", selon Al Gore

Le vaste plan du président Obama a été largement salué par les groupes de défense de l'environnement qui le juge crédible mais soulignent que la bataille est loin d'être gagnée.

Pour l'ancien vice-président Al Gore, il s'agit "du meilleur discours sur le climat jamais prononcé par un président". "J'applaudis les nouvelles mesures annoncées par le président Obama pour aider à résoudre la crise climatique, surtout la décision de limiter la pollution carbonique de toutes les centrales électriques", écrit sur son blog le co-lauréat du prix Nobel de la Paix 2007.

Le principal obstacle pour Barack Obama sera de finaliser, avant la fin de son mandat début 2017, des normes fédérales forçant les centrales électriques au charbon à réduire leurs émissions de CO2, qui représentent un tiers des gaz à effet de serre émis aux Etats-Unis, juge Alden Meyer, responsable de la stratégie pour l'Union of Concerned Scientists.

Eileen Clausen présidente du Center for Climate and Energy Solutions, une ancienne de l'Administration Clinton, juge elle aussi "crédible cette stratégie étendue d'utiliser les outils à la disposition du président pour muscler la réponse contre le changement climatique". Mais ajoute-t-elle "mettre en oeuvre ce programme va être extrêmement difficile... et requérra un plein engagement présidentiel pour traduire les bonnes intentions en mesures concrètes".

Un accueil favorable en Europe Le plan Obama a également reçu un accueil favorable en Europe. "Je me félicite naturellement de voir que les Etats-Unis avancent finalement sur le climat", a déclaré la commissaire européenne sur le climat, la danoise Connie Hedegaard.

De leur côté, les producteurs américains d'électricité représentés par l'Edison Electric Institute (EEI) "veulent être sûrs que toutes nouvelles politiques ou réglementations pour réduire les émissions de CO2 des centrales au charbon prévoient des limites et un calendrier réalistes et minimisent les coûts pour les consommateurs". Quant à l'opposition républicaine, elle a accusé Obama d'avoir "déclaré la guerre au charbon" en imposant des réglementations coûteuses et fixant des objectifs environnementaux qu'elle juge irréalistes aux opérateurs des centrales électriques.

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