New Delhi se réveille dans un brouillard asphyxiant

07/11/17 à 07:30 - Mise à jour à 09:04

Source: Afp

La capitale indienne New Delhi s'est réveillée mardi dans un des ces asphyxiants brouillards polluants qui lui valent sa sinistre réputation de mégapole parmi les plus polluées au monde.

New Delhi se réveille dans un brouillard asphyxiant

New Delhi © AFP

Au matin, les larges artères de la ville étaient voilées de gris. Les appartements ressemblaient à des fumoirs. Des petits commerçants de rue s'étaient noués un chiffon sur la bouche.

Des situations comme celles de New Delhi, agglomération d'une vingtaine de millions d'habitants, mettent en question la durabilité des modes de vie humains dans des zones aussi peuplées, à l'heure où l'empreinte de l'homme sur la planète bleue est au coeur de la COP23 qui se déroule actuellement en Allemagne.

À 08h00 locales (02h30 GMT), le compteur de particules fines de l'ambassade américaine en Inde affichait une concentration de particules ultra-fines d'environ 700 - le seuil de danger est situé à 300. L'OMS recommande elle de ne pas dépasser 25 en moyenne journalière.

"Au moment où je suis sorti de chez moi, j'ai commencé à tousser et mes yeux se sont mis à me brûler. C'est insupportable pour les humains", a déclaré à l'AFP Naresh Yadav, un employé de banque.

Inconscients de la pollution, nombre de Delhiites attribuent la baisse de visibilité à une simple brume naturelle.

Alarmée, l'association médicale indienne a estimé que la capitale se trouvait en "état d'urgence de santé publique" et appelé les autorités locales à réagir.

"Delhi est devenu invivable, particulièrement pour les enfants", a réagi Vipin Malhotra, un homme d'affaires.

L'ambassade de France a envoyé un message à ses ressortissants pour leur conseiller de rester à l'intérieur et de s'abstenir de toute activité physique.

Les épisodes de "smog" sont récurrents en hiver à New Delhi, que l'OMS avait classée en 2014 comme capitale la plus polluée au monde.

Le froid et l'absence de vent plaquent au sol les émissions polluantes des véhicules, usines et centrales, les empêchant de se dissiper.

Ces particules en suspension accentuent les risques de maladies cardiovasculaires et de cancer des poumons. Les plus petites d'entre elles (PM2,5), grandes comme un trentième d'un diamètre de cheveu humain, parviennent à travers les poumons à s'infiltrer dans l'organisme et le sang.

La pollution est un problème de santé publique majeur pour l'Inde, nation de 1,25 milliard d'habitants en plein développement et aux besoins de croissance immenses.

En 2015, la contamination atmosphérique, terrestre et aquatique était présumée responsable de 2,5 millions de décès dans ce pays, plus lourd bilan humain de la planète, a estimé une récente étude publiée dans la revue The Lancet.

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