Le Parlement européen rejette l'interdiction du chalutage en eaux profondes

10/12/13 à 13:46 - Mise à jour à 13:46

Source: Le Vif

Le chalutage en eaux profondes n'a pas été interdit par le Parlement européen.

Le Parlement européen rejette l'interdiction du chalutage en eaux profondes

© Reuters

La mobilisation contre le chalutage en eaux profondes n'aura pas été entendu par le Parlement européen. Il a rejeté ce mardi l'interdiction de cette pratique.

Une résolution législative sur la pêche en eau profonde et dans les eaux internationales a cependant été adoptée par les députés. Ceux-ci demandent une clause de révision afin d'évaluer la nécessité d'éliminer tous les chaluts de fond d'ici quatre ans. Il s'agit d'un adoucissement par rapport au texte législatif d'origine, qui prévoyait une interdiction pure et simple de ces chaluts dans les deux ans, réputés très destructeurs pour les fonds marins.

"Catastrophe environnementale, déficitaire financièrement, consommation en carburant qui dépasse l'entendement (un demi-litre de gasoil pour un kilo pêché), stocks de poissons qui n'ont pas le temps de se régénérer: soyons clairs, la pêche en eau profonde n'est pas durable", a commenté le député belge Marc Tarabella à l'issue du vote, qu'il a qualifié de "pas dans la bonne direction pour un arrêt du labourage des mers".

D'autres députés belges ont exprimé leur déception face au texte finalement approuvé. "Une interdiction de la pêche en eau profonde avec des chaluts de fond à plus de 600 mètres de profondeur n'est pas passée, de justesse. C'est particulièrement malheureux, car cette forme de pêche fait beaucoup de dégâts", a réagi Kathleen Van Brempt (sp.a). Bart Staes, député Groen, estime que le texte voté mardi fait "trop peu" pour encadrer la pêche en eau profonde. "Le lobby de la pêche a mené un travail de lobbying intense avec comme argument que des centaines d'entreprises de pêche, principalement françaises et espagnoles, feraient faillite. Selon la Commission européenne, à peine une douzaine d'entreprises devraient appliquer des techniques alternatives", a-t-il rappelé.

Le rapporteur grec à ce sujet, Kriton Arsenis (S&D), a convenu en conférence de presse que les pressions avaient été très fortes de la part de l'industrie de la pêche.

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