"Le changement climatique, l'énorme défi des démocraties"

12/09/17 à 14:54 - Mise à jour à 14:54

Source: Le Vif/l'express

À notre souci de démocratie et de libertés individuelles, il est plus que temps d'associer celui du changement climatique. Il faut être en première ligne pour empêcher toute catastrophe. Rencontre avec Naomi Oreskes, historienne des sciences.

Dans votre livre L'Effondrement de la civilisation occidentale, coécrit avec Erik M. Conway et paru en 2014, vous montrez comment nos sociétés, bien qu'ayant compris le mécanisme de la catastrophe climatique, ont choisi de ne pas agir et se dirigent donc tout droit vers le désastre. Pourquoi avez-vous décidé d'écrire ce livre ?

L'idée m'est venue parce que j'étais souvent invitée à intervenir sur la question de la "communication scientifque sur le climat" pour savoir pourquoi les gens ne comprenaient pas, ou n'acceptaient pas les preuves scientifques de la responsabilité humaine dans le changement climatique. Je me suis dit que les spécialistes avaient déjà expliqué cela des centaines de fois et qu'il fallait peut-être s'y prendre autrement pour montrer clairement les enjeux. Ceux-ci décrivent très bien le changement climatique mais beaucoup moins bien la gravité de ses conséquences. Erik et moi avons souvent souligné le paradoxe des "marchands de doute" qui invoquent la défense de la liberté et de la démocratie, car si le changement climatique tourne au pire, il est peu probable que la démocratie y gagne. Au contraire, le déf sera immense pour les démocraties et il se pourrait bien que les régimes autocratiques soient plus aptes à le relever. Ou bien les gouvernements seront tentés, a minima, de gérer les crises liées au climat en autocrates. Nous avons donc eu l'idée d'écrire une histoire pour illustrer ce paradoxe et montrer aux lecteurs que, si l'on se soucie de démocratie et de libertés individuelles, on ne saurait être climatosceptique. Il faut au contraire être en première ligne pour empêcher la catastrophe. Et puis j'ai passé deux semaines à Perth, en Australie, où il a plu tous les jours. Alors j'ai commencé à écrire, Erik a apprécié ce premier jet : c'était parti !
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