L'environnement plus que "la malchance" à blâmer dans le cancer

17/12/15 à 21:38 - Mise à jour à 21:49

Source: Afp

Des facteurs environnementaux, tels que le soleil ou le tabac, sont responsables de plus de cancers que les mutations aléatoires de l'ADN, affirment des chercheurs, contestant ainsi d'autres études accusant "la malchance".

L'environnement plus que "la malchance" à blâmer dans le cancer

© Reuters

L'étude, publiée mercredi dans le journal Nature, a été menée à la suite d'un article particulièrement controversé publié en janvier dans la revue américaine Science, qui avançait que des erreurs inévitables dans le codage humain étaient la principale cause du cancer.

La dernière étude, basée sur plusieurs analyses mathématiques, conclut qu'"à l'évidence", les erreurs aléatoires apparaissant lors de la division des cellules contribue "seulement modérément" au développement de nombreux cancers.

Les chercheurs attribuent 70 à 90% des cancers aux facteurs environnementaux (rayonnement des ultra-violets, etc.), selon l'étude de Nature.

D'autres experts, n'ayant pas participé à cette étude, se montrent toutefois plus circonspects.

Giles Hooker de l'Université Cornell à New York, estime que les conclusions de cette nouvelle étude sont basées sur "un modèle très simpliste de la mutation des cancers" et les chiffres "devraient au mieux être considérés comme des estimations approximatives".

"En prenant en compte seulement le risque de cancers le plus faible et en supposant que les taux de mutations sont identiques pour tous les tissus, l'étude maximalise le risque attribué aux facteurs environnementaux", écrit-il dans une note. "Cependant, nous ne savons pas comment les tissus diffèrent dans leur taux de mutation intrinsèque", dit-il.

"Ces découvertes n'ont aucune incidence sur le traitement des cancers mais nous disent que la plupart des cancers pourraient être évités si nous connaissions les risques extrinsèques", souligne de son côté Paul Pharaoh, professeur épidémiologiste à l'Université de Cambridge.

L'étude de Science avait suscité un vif débat, l'hypothèse avancée étant que "la faute à pas de chance" dans la mutation de l'ADN pouvait expliquer 75% des cas de différents cancers, induisant qu'une vie saine ne pouvait pas empêcher ces cancers.

L'Organisation mondiale de la santé avait d'ailleurs exprimé "son profond désaccord" avec ces conclusions, qui pourraient avoir "des conséquences très négatives" pour la recherche contre le cancer et sur les comportements à suivre (pas de tabac, pas d'alcool notamment).

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