L'air n'a jamais été aussi pollué par le dioxyde de carbone qu'en 2015

24/10/16 à 13:46 - Mise à jour à 13:46

Source: Belga

L'air n'a jamais été aussi pollué qu'en 2015 par le dioxyde de carbone (CO2), le principal gaz à effet de serre, avec une teneur moyenne dans l'atmosphère de 400 ppm (parties par million), un seuil record symbolique, selon l'Organisation météorologique mondiale.

L'air n'a jamais été aussi pollué par le dioxyde de carbone qu'en 2015

Dans les rues de Jambi, Indonésie. © REUTERS/Wahdi Setiawan

"La barre des 400 ppm avait déjà été atteinte auparavant par le CO2, à certains endroits et durant certains mois de l'année, mais jamais encore à l'échelle du globe et pour une année entière", a ajouté lundi l'OMM dans son bulletin annuel sur les gaz à effet de serre.

Pour cette agence de l'Onu, le CO2 est "le problème numéro un", car il reste "pendant des milliers d'années dans l'atmosphère et encore plus longtemps dans les océans". Pour le secrétaire général de l'OMM, le Finlandais Petteri Taalas, la lutte contre le changement climatique, passe par la "lutte contre le CO2". Actuellement, "le monde bouge dans la mauvaise direction", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse à Genève, en faisant référence aux hausses permanentes du niveau du dioxyde de carbone dans l'air.

Le problème de fond, a-t-il insisté, "c'est la volonté politique", car il y a des solutions pour réduire les émissions et "on peut agir". Il a notamment cité l'exemple de l'Allemagne, où les énergies renouvelables battent des records de production.

En 2015, les émissions de CO2 ont enregistré un pic à cause notamment du phénomène climatique El Nino, qui surgit tous les 4 à 5 ans et qui a un effet de réchauffement climatique. "Le coup d'accélérateur dans la croissance du CO2 a été favorisé par l'épisode El Nino (...) le phénomène a déclenché des sécheresses dans les régions tropicales et a réduit la capacité d'absorption du gaz par les forêts et les océans", ajoute le bulletin de l'OMM. "El Nino a disparu, mais le changement climatique est toujours là", a encore averti M. Taalas.

Ce bulletin est publié avant les négociations sur le changement climatique, qui se dérouleront du 7 au 18 novembre à Marrakech (Maroc). Cette publication a pour but de "fournir des éléments scientifiques aux décideurs, sur lesquelles ils peuvent s'appuyer". Concernant le CO2, la teneur moyenne dans l'atmosphère qui était prévue pour 2015 était de 399,4, en hausse de 2,2 ppm par rapport à 2014, selon le rapport annuel sur l'état du climat "State of climate", auquel ont participé 450 scientifiques du monde entier.

Cette tendance à la hausse va encore se poursuivre en 2016, estime l'OMM, sur la base des informations de la plus ancienne station de surveillance des gaz à effet de serre, située à Mauna Loa à Hawaï.

Selon cette station de surveillance, les concentrations de CO2 "demeureraient supérieures à 400 ppm pour toute l'année 2016 et ne redescendraient pas en-dessous de ce seuil pour les nombreuses générations à venir".

"Avec la signature de l'Accord de Paris sur le climat, l'année 2015 a marqué l'avènement d'une nouvelle ère marquée au sceau de l'optimisme et de l'action pour le climat, mais elle fera aussi date dans la mesure où les concentrations record de gaz à effet de serre annoncent une nouvelle réalité climatique", a encore indiqué M. Taalas.

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