Intrusion Greenpeace : la France fouille ses installations nucléaires

05/12/11 à 08:44 - Mise à jour à 08:44

Source: Le Vif

Des militants se sont glissés vers 6h00 ce lundi matin dans cette centrale "pour faire passer le message que le nucléaire sûr n'existe pas."

Intrusion Greenpeace : la France fouille ses installations nucléaires

© Reuters

Une manifestation en forme d'intrusion. Des militants de Greenpeace se sont introduits lundi matin dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, dans l'Aube, a annoncé l'organisation écologiste. Une "intrusion" confirmée par la gendarmerie.

Dans un communiqué, Greenpeace précise s'être introduit vers 6h00 dans cette centrale nucléaire située à 95 km au sud-est de Paris "pour faire passer le message que le nucléaire sûr n'existe pas". Huit militants sont entrés dans la centrale selon une autre source de la gendarmerie, qui a indiqué que certains militants avaient déjà été interpellés.

"Une partie des militants a réussi à grimper sur le dôme de l'un des réacteurs, où ils vont déployer une banderole: 'Le nucléaire sûr n'existe pas'", a expliqué Axel Renaudin, chargé de communication de Greenpeace. "Le but est de démontrer la sensibilité des installations nucléaires françaises, et à quel point il est facile d'atteindre le coeur d'une centrale", a souligné Sophia Majnoni, chargée des questions nucléaires pour Greenpeace.

Elle a dénoncé l'audit lancé par le gouvernement sur la sécurité des centrales nucléaires, y voyant "une opération de communication qui ne prend en compte que les risques déjà identifiés dans le passé et ne tire pas les leçons de Fukushima".
La centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine a été choisie par Greenpeace "car elle est la plus proche de Paris", à 95 km, selon Greenpeace.

Sur France Info, le ministre de l'Industrie Eric Besson martèle: "Si l'enquête confirme (que Greenpeace est entré dans la centrale), cela veut dire qu'il y a eu dysfonctionnements et qu'il faudra prendre des dispositions pour que ça ne se reproduise pas."

Plusieurs autres tentatives d'intrusion

Des tentatives d'intrusion ont eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi dans deux sites nucléaires français, après une opération réussie des écologistes de Greenpeace.

Des échelles et des banderoles ont été retrouvées près de la centrale de Blaye (sud-ouest) et du centre de recherches nucléaires de Cadarache (sud-est) par les gendarmes qui n'ont procédé à aucune interpellation, a précisé à l'AFP la direction de la gendarmerie.

Selon des informations de la chaîne d'informations française LCI, les centrales visées par les militants écologistes étaient celles de Chinon (Indre-et-Loire), Cadarache (Var) et de Blaye (Gironde).

Henri Guaino, conseiller spécial du président français Nicolas Sarkozy, a prévenu lundi qu'il faudrait "tirer les conséquences" de cette intrusion.

Interrogé par BFMTV-RMC sur cette opération revendiquée par le mouvement écologiste, M. Guaino a répondu: "c'est irresponsable de leur part". "Mais cela fait quand même réfléchir sur la sécurisation des accès aux centrales nucléaires. Il va falloir en tirer des conséquences", a-t-il ajouté. "On ne peut pas permettre que n'importe qui puisse entrer aussi facilement que ça dans une centrale nucléaire. On peut imaginer ce que certains pourraient en faire".

Fouille "approfondie" des installations nucléaires

Une fouille "approfondie" des installations nucléaires en France sont en cours, a annoncé un porte-parole du ministère français de l'Intérieur.

Ce porte-parole a assuré qu'à "aucun moment, l'intégrité des installations nucléaires n'avait été mise en péril" par l'intervention des militants de Greenpeace. Greenpeace affirme avoir des militants dans plusieurs installations nucléaires, en plus de celle de Nogent-sur-Seine où ses militants sont parvenus à entrer lundi matin.

Les deux derniers des neuf militants de l'organisation écologiste Greenpeace qui s'étaient introduits à la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube) ont été interpellés, selon le ministère de l'Intérieur.

Le groupe Electricité de France (EDF), qui exploite les centrales, a assuré que la centrale de Nogent-sur-Marne était la seule de France où ont été constatées des traces d'intrusion.

Par ailleurs, un homme a été arrêté dans la nuit de dimanche à lundi près de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (centre) avec une corde et une banderole, a indiqué la gendarmerie.

EDF a annoncé que des banderoles avaient été déployées et "immédiatement retirées" sur les sites nucléaires de Chinon (Indre-et-Loire) et du Blayais (Gironde), parallèlement à l'intrusion de neuf militants de Greenpeace dans la centrale de Nogent-sur-Seine (Aube) qui ont donc tous été arrêtés.

Le Vif.be, avec L'Express.fr et Belga

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