Equateur: Le pire séisme depuis 40 ans a déjà fait 235 morts

17/04/16 à 19:56 - Mise à jour à 21:16

Source: Afp

Des équipes de secours tentaient dimanche de venir en aide aux rescapés coincés sous les décombres en Equateur, au lendemain d'un violent séisme de magnitude 7,8 ayant fait au moins 235 morts.

Equateur: Le pire séisme depuis 40 ans a déjà fait 235 morts

dégats à Tarqui © Reuters

"C'était horrible, c'est la première fois que je ressens un séisme comme celui-ci, j'ai eu l'impression qu'il durait une minute et demi", a témoigné auprès de l'AFP Bibi Macontos, habitante de 57 ans. "J'ai cru que ma maison allait s'effondrer", a-t-elle ajouté, encore sous le choc.

"Nous sommes sortis en vitesse dans la rue et nous avons vu que le marché couvert s'était effondré", a raconté à l'AFP Nelly, 73 ans, habitante d'Abdon Calderon, localité proche de Portoviejo, qui n'a pas souhaité fournir son nom de famille. En larmes, elle a confié qu'"il y avait une personne coincée (sous les décombres, ndlr) qui criait pour demander de l'aide, mais après elle a arrêté de crier".

"Les maisons se sont écroulées, les réverbères sont tombés, les gens sont complètement désespérés, il y a des gens enterrés sous les décombres", a relaté Miriam Santana, 40 ans, employée de maison à Manta (ouest), ville proche de l'épicentre.

Dimanche, le président Rafael Correa a annoncé un nouveau bilan provisoire de 235 morts, alors que de précédents chiffres officiels faisaient état de 77 morts et près de 600 blessés. L'état d'exception a été décrété. En visite au Vatican, le dirigeant, qui a déploré "une tragédie d'ampleur" et annoncé une aide budgétaire d'urgence "d'environ 600 millions de dollars", atterrira directement à Manta à 18H30 (23H30 GMT).

La chef de la diplomatie de l'Union européenne, Federica Mogherini, a annoncé l'activation du mécanisme européen de protection civile, pour aider le pays sud-américain.

Plus de 14.000 membres des forces de sécurité, 241 professionnels de santé et deux hôpitaux mobiles ont été dépêchés sur place, a dit le vice-président Jorge Glas, car "nous savons qu'il y a des citoyens sous les décombres qui doivent être secourus". Des renforts arrivent de Colombie et du Mexique.

20 fois plus fort qu'au Japon

Le séisme s'est produit à 18h58 (23h58 GMT) à 20 km de profondeur. La secousse d'une minute environ a été suivie d'une série de répliques, selon l'Institut de géophysique (IG).

Selon l'IG, il y a des "dégâts considérables dans la zone de l'épicentre" située dans la province de Manabi (sud-ouest) "et aussi dans des lieux éloignés comme la ville de Guayaquil (sud-ouest), le sud de Quito, San Miguel de los Bancos, Manta". La secousse a été ressentie dans le sud de la Colombie et au Pérou, apparemment sans faire de victimes.

La Direction générale de l'aviation civile a fermé l'aéroport de Manta (Manabi) en raison de "graves dégâts à la tour de contrôle".

A Quito, Cristina Duran, 45 ans, s'est réfugiée sous l'encadrement d'une porte pour se protéger des vitres volant en éclats. "J'étais affolée et je voulais seulement que ça s'arrête", a-t-elle déclaré. "Mon Dieu, c'est le séisme le plus long et le plus fort que j'aie jamais senti de toute ma vie. Durant un bon moment, j'ai eu le tournis (...) Je voulais sortir en courant dans la rue, mais je ne pouvais pas", a raconté à l'AFP Maria Torres, 60 ans.

A Guayaquil, où un pont et le toit d'un centre commercial se sont effondrés, des passagers sont sortis affolés de l'aéroport. "Des lampes sont tombées du plafond et les gens couraient terrorisés", a témoigné l'un d'eux, Luis Quimis, 30 ans.

Ces secousses interviennent peu après les tremblements de terre ayant secoué depuis jeudi le sud-ouest du Japon, avec au moins 41 morts et un millier de blessés.

Mais "il n'y a pas de relation de cause à effet entre les séismes en Equateur et au Japon", a déclaré David Rothery, professeur de géosciences planétaires à l'Open University britannique, soulignant toutefois que l'énergie totale du séisme "a probablement été 20 fois plus forte" en Equateur qu'au Japon. "C'était comme la fin du monde", dit Miriam Santana.

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