Climat : cinq solutions à portée de main

03/11/16 à 09:25 - Mise à jour à 09:25

Source: Afp

Le temps presse pour le climat. Alors en attendant la nécessaire mais difficile transition énergétique, des solutions existent pour commencer à limiter l'impact des gaz à effet de serre, soulignent les experts. Par exemple:

Climat : cinq solutions à portée de main

© capture d'écran

Supprimer les HFC

Dès 1987, les Etats se sont entendus pour supprimer les CFC, gaz actionnant réfrigérateurs et climatiseurs mais nocifs pour la couche d'ozone. Mi-octobre, à Kigali, ils ont cette fois décidé de supprimer leurs remplaçants, les HFC, puissants facteurs de réchauffement mondial.

L'élimination progressive des hydrofluorocarbures devrait à court terme épargner 0,1°C de réchauffement à la Terre. A l'horizon 2030, elle permettra d'éviter jusqu'à 1,7 gigatonne d'équivalent CO2 par an, soit les émissions annuelles du Japon.

La suie ennemie des glaces

Les particules de "carbone noir" sur la neige et la glace, notamment en Arctique et dans l'Himalaya, viennent accélérer le processus de fonte et le réchauffement global.

"Le plus dommageable est la suie produite près de l'Arctique, en Russie, au Canada, dans le nord des États-Unis", souligne l'économiste Rachel Cleetus, rappelant que les Etats-Unis et d'autres ont promis d'agir.

Pour l'experte du think tank américain Union of Concerned Scientists, "ce sont des choses simples: réduire les émissions des véhicules, surtout diesel. Dans certaines régions du monde, les cuisinières (à bois ou charbon) et la combustion de matières organiques sont un autre facteur d'émissions".

SOS fuites de méthane

Comme pour la suie, agir sur le méthane, gaz plus puissant que le CO2 mais aussi plus volatile, pourrait avoir un impact rapide sur le climat.

Ses émissions sont en plein essor, venant notamment des fuites liées à l'extraction du gaz, du pétrole et du charbon.

"La hausse des émissions coïncide avec celle de la production de gaz de schiste aux Etats-Unis", note Rachel Cleetus.

Aux industriels donc de surveiller les fuites, et de les colmater. Début 2016, Etats-Unis, Canada et Mexique ont annoncé leur objectif de réduire les émissions de méthane du secteur pétrolier et gazier de 40 à 45% d'ici 2025.

Certaines régions sont très problématiques, pointe le climatologue Drew Shindell: "Russie et Nigeria ont un taux de fuites bien supérieur à l'UE par exemple".

Selon ce professeur à Duke University, "si vous appliquez toutes les méthodes permettant de réduire la suie et le méthane, vous pouvez ralentir le rythme du réchauffement de moitié sur les 30 prochaines années".

Manger moins de boeuf

Autre source majeure de méthane, les rizières qui nourrissent des milliards d'humains. Elles peuvent voir leurs émissions diminuer si les champs ne sont inondés que le temps nécessaire, les dégagements de gaz étant liés à la décomposition de matière en milieu humide.

En revanche pour l'élevage, "si vous voulez réduire le méthane, il faut d'abord agir sur la demande des consommateurs", souligne Drew Shindell.

Manger un peu moins de boeuf, au profit, par exemple, du poulet, aurait un impact positif sur le climat.

La production de boeuf contenant un kilo de protéines génère 200 kg de CO2, contre 10 à 30 kg de CO2 pour l'équivalent en viande de porc ou de poulet, selon une étude de l'École polytechnique Chalmers à Göteborg.

"Si l'UE veut atteindre ses objectifs de réduction des GES, limiter de 50% voire plus, la consommation de viande de ruminants (bovins et ovins) est très probablement inévitable", préviennent ainsi ces chercheurs.

Restaurer les sols

Revégétaliser et reboiser pourraient permettre de redonner aux sols leur capacité d'absorption du carbone.

Ainsi, le projet "4 pour 1000", visant à augmenter la séquestration de carbone dans les terres agricoles, doit être rendu opérationnel à la COP de Marrakech.

Au même moment, une équipe scientifique du Massachusetts cartographie les endroits du monde qui pourraient retrouver leurs forêts d'antan.

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