Ecolo : "l'opposition actuelle du PS, c'est surtout du spectacle"

10/11/14 à 11:16 - Mise à jour à 11:15

Source: Rtbf

Dans son rôle de parti de l'opposition, les écologistes francophones ne sont pas tendres, ni avec le gouvernement fédéral, ni avec le parti socialiste, accusé d'avoir bâti les bases de l'accord de la coalition suédoise.

Ecolo : "l'opposition actuelle du PS, c'est surtout du spectacle"

Charles Michel et Elio Di Rupo lors de la passation de pouvoir. © BELGA

De retour dans l'opposition, Ecolo n'entend pas jouer le jeu du PS en menant une véritable guerre contre le gouvernement N-VA-MR-CD&V-Open VLD. Le parti écologiste estime que les socialistes ont une part de responsabilité importante dans la situation actuelle, puisqu'une série de mesures du nouvel exécutif découle des actions du gouvernement Di Rupo 1er.

Dans un document publié sur son site internet, Ecolo met en avant une série de mesures prises par le gouvernement Michel 1er et les met en parallèle avec celles prises par l'ancienne majorité. Ainsi, le parti entend démontrer que les mesures annoncées ne sont qu'une amplification des anciennes décisions.

Ce document fait notamment mention de :

  • L'index : le gouvernement de Charles Michel a annoncé un saut d'index de 2 %, mais l'ancien exécutif, en touchant au panier du consommateur, a mis en place une mesure équivalente à un saut d'index de 0.4 % ;
  • Blocage des salaires : une mesure prise par l'ancienne majorité en 2013 et 2014 qui devrait être reconduite par le nouvel exécutif en 2015 et 2016 ;
  • Complément d'ancienneté pour les chômeurs âgés : la tripartite avait reculé l'âge d'accès à ce complément de 50 à 55 ans, le nouvel exécutif le supprime ;
  • Crédit-temps : il fallait, sous Di Rupo, être âgé de 55 ans pour y avoir accès (pour une durée d'un an), il faudra dorénavant avoir 60 ans ;
  • Fiscalité : tout comme l'ancien exécutif, l'équipe de Charles Michel n'entend pas s'attaquer aux intérêts notionnels, estimés à 6 milliards ;
  • Banques : hors de question de séparer les activités de spéculation et les activités de dépôt ;
  • Pensions : les deux exécutifs ont rallongé la durée des carrières et ont repoussé l'âge de la retraite.
  • Allocations d'insertion : Di Rupo avait transformé les allocations d'attente en allocations d'insertion, allongé la durée du stage de 9 à 12 mois et limité ces allocations à 3 ans, des mesures ayant mené à près de 25 000 exclusions. Charles Michel supprime ces allocations pour les demandeurs d'emploi de moins de 21 ans non diplômés et pour les personnes introduisant leur demande après 25 ans, ce qui aura un impact auprès de 8 000 jeunes selon Ecolo ;
  • Allocations de chômage : déjà rabotées sous la législature précédente, elles le seront encore plus dans les années à venir ;
  • Nucléaire : Tihange 1 avait été prolongé jusqu'en 2025, il en sera de même pour Doel 1 et 2. Le nouvel exécutif réfléchit également à la possibilité d'installer de nouvelles centrales ;
  • Isolation des bâtiments : Di Rupo supprimait la déduction fiscale des travaux d'isolation, Charles Michel compte faire passer la TVA à 21 % pour ce type de travaux ;
  • SNCB : déjà durement touchée sous la majorité précédente, elle l'est encore plus sous le nouvel exécutif.

Invitée de l'émission "Matin Première" ce lundi matin, la co-présidente d'Ecolo Emilie Hoyos, revenait sur ces chiffres : "Sur toute une série de sujets vraiment importants, pensions, énergie, primes au logement, indexation, etc., le gouvernement Di Rupo a entrouvert la porte et le gouvernement Michel s'est engouffré dans l'ouverture". Qualifiant l'opposition du PS de "spectacle" reposant sur un "certain malaise", la coprésidente d'Ecolo estime que les 120 000 manifestants qui se sont rendus à Bruxelles jeudi sont venus pour dénoncer des "remèdes socio-économiques qui marchent peu". Elle estime toutefois que "le gouvernement Michel va plus loin sur toute une série de choses... Il y a rupture sur quelques dossiers importants, mais il s'agit surtout de questions communautaires".

Elle regrette également le manque de dialogue entre les différents acteurs, et ce d'autant plus que les solutions proposées ne fonctionnent pas. Selon elle, la Belgique a besoin d'un "autre cap" : "Il faut de la justice fiscale, qui permette de financer la solidarité, les investissements dont nous avons besoin pour répondre aux défis climatiques".

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