Des femmes mozambicaines manifestent contre les mariages entre violeur et victime

20/03/14 à 17:44 - Mise à jour à 17:44

Source: Le Vif

(Belga) Des militantes mozambicaines ont manifesté jeudi à Maputo pour demander de changer le code pénal datant de l'ère coloniale et permettant aux auteurs de viol d'éviter la prison ferme en épousant leur victime, une campagne relayée par Amnesty International. La clause controversée, qui prévoit cinq ans de prison avec sursis pour un violeur qui épouse sa victime, figure dans le projet de nouveau code pénal, actuellement en discussion finale au parlement qui a déjà approuvé ses grandes lignes en décembre.

"Epouser un violeur? Non!", proclamaient les pancartes des manifestantes, environ 300, qui ont défilé derrière une jeune mariée en robe blanche souillée de sang et ont comparé leur cause à celle des femmes d'Afghanistan ou d'Inde. L'origine de cette disposition introduite par les colons portugais n'est pas très claire, a souligné Alice Mabota, présidente de la Ligue des droits de l'homme du Mozambique. "Peut-être était-ce pour préserver l'honneur (de la victime) mais c'était d'autre temps", a-t-elle ajouté. "On a maintenant des cas d'enfants de 4 ou 5 ans violés tous les jours... par des parents ou voisins ou autres". "Le mariage précoce est banal au Mozambique", a commenté le vice-président de la commission parlementaire chargé des lois et des droits de l'homme, Ernesto Lapapa, insistant sur l'importance de préserver l'honneur des familles: "Si quelqu'un est impliqué avec un enfant, sa famille l'oblige à se marier avec". (Belga)

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