Des détenus sud-africains exigent un dédommagement pour mauvais traitements

23/05/14 à 18:43 - Mise à jour à 18:43

Source: Le Vif

(Belga) Des détenus du quartier de haute sécurité de St Albans près de Port Elizabeth qui avaient saisi la justice sud-africaine contre des tabassages systématiques confinant à la torture et demandé un dédommagement ont été entendus par le tribunal vendredi.

Environ 231 prisonniers poursuivent les services pénitentiaires sud-africains et réclament près de 100.000 dollars pour ces abus commis en 2005, mais quatre seulement ont pu témoigner dans ce dossier, qui fait figure de test pour la nouvelle loi nationale contre la torture, selon leur avocat Oswald Egon. Selon le dossier, les coups se sont mis à pleuvoir régulièrement, y compris à la matraque électrique, après l'assassinat d'un responsable, Babini Nqakula, poignardé dans l'établissement et parent d'un ancien ministre. Certains disent avoir été forcés à se dénuder et à rester au sol en formant une chaîne humaine, le nez dans l'anus du détenu placé devant eux. "Ils demandent des compensations financières pour les blessures physiques et psychiques" endurées et l'absence de soins procurés ensuite, a précisé M. Egon. L'affaire a été portée devant la justice depuis 2005 mais pourrait trouver une issue rapidement après l'adoption de la loi sur la prévention et la lutte contre la torture adoptée en juillet 2013, qui a fait de la torture un crime passible de poursuites pénales. "Les détenus criaient comme des cochons", a raconté à la barre Ahmed Patel, un des plaignants venus témoigner. Il avait été forcé à nettoyer le sang et les excréments maculant le sol après une de ces séances de tabassages à huis clos. "C'était inhumain. J'ai vu des gardes en uniforme couverts de sang, ivres, frappant les détenus à leur faire rendre leurs boyaux". (Belga)

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