Des bâtiments officiels incendiés, heurts entre policiers et manifestants

09/01/14 à 10:14 - Mise à jour à 10:14

Source: Le Vif

(Belga) Plusieurs bâtiments officiels ont été incendiés dans la nuit de mercredi à jeudi par des manifestants à Feriana et Meknassy, dans le centre-ouest déshérité de la Tunisie, selon des témoins interrogés par l'AFP. A Feriana, dans la région de Kasserine, quelques centaines de manifestants ont attaqué la recette des impôts, un poste de police, une banque et un bâtiment municipal avant de les incendier. "La police a riposté par des lacrymogènes avant de reculer", a indiqué un policier. Selon les témoins, les heurts ont duré jusqu'à 01H00 locale (00H00 GMT).

Des bâtiments officiels incendiés, heurts entre policiers et manifestants

Des affrontements entre policiers et manifestants avaient déjà eu lieu dans la région de Kasserine mercredi. Par ailleurs, des affrontements entre jeunes et policiers ont eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi à Meknassy, dans la région de Sidi-Bouzid. Les manifestants ont jeté des pierres sur les forces de l'ordre qui ont répliqué par des gaz lacrymogènes. "Un poste de police a été incendié. Deux voitures de la police ont été brûlées", a indiqué le responsable locale du puissant syndicat UGTT, Zouheir Khaskhoussi. Les autorités n'avaient dressé aucun bilan de ces affrontements jeudi matin, alors que les manifestations et blocages de routes se multiplient dans le pays depuis plusieurs jours. L'un des catalyseurs du mécontentement est l'entrée en vigueur d'une série de taxes sur les moyens de transports privés et professionnels. Le centre-ouest de la Tunisie compte parmi les régions les plus pauvres du pays. Les inégalités de développement régionales étaient déjà au coeur de la révolution de janvier 2011. L'UGTT a jugé les revendications des manifestants "légitimes" dans un communiqué mercredi, tandis que le parti islamiste Ennahda exprimait sa "compréhension face à ces mouvements de protestations" et a appelé à "réviser" ces nouvelles taxes. La loi de finances prévoyant ces nouveaux impôts a été adoptée en décembre avec le soutien des islamistes, majoritaires à l'Assemblée nationale constituante (ANC). (Belga)

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