Début du procès en appel contre Silvio Berlusconi

20/06/14 à 15:02 - Mise à jour à 15:02

Source: Le Vif

(Belga) Le procès en appel du Rubygate dans lequel Silvio Berlusconi est accusé de prostitution de mineure et abus de pouvoir s'est ouvert vendredi à Milan, en l'absence de l'ex-chef du gouvernement et dans une certaine indifférence des médias.

Début du procès en appel contre Silvio Berlusconi

Seules quelques caméras étaient présentes car la venue du magnat était exclue. Comme presque tous les vendredis depuis le 9 mai, il a passé la matinée au centre pour malades d'Alzheimer de Cesano Boscone, près de Milan, où il effectue une demi-journée hebdomadaire de travail d'intérêt général (TIG) pour purger une peine d'un an de prison pour fraude fiscale (procès Mediaset). La première audience s'est achevée en fixant un calendrier qui prévoit le réquisitoire du parquet le 11 juillet prochain et une semaine plus tard, le 18 juillet, les juges entreront dans la chambre du conseil pour rendre leur verdict. L'ex-Cavaliere, sans immunité parlementaire et en phase de déclin politique depuis son exclusion du Sénat à l'automne 2013, est défendu en appel par les professeurs Franco Coppi et Filippo Dinacci, qui remplacent ses avocats historiques Niccolo Ghedini et Piero Longo, objets d'une enquête du parquet qui les soupçonne d'avoir corrompu les témoins du procès en première instance. Le Rubygate première mouture s'était terminé par une condamnation en juin 2013 à sept ans de prison pour M. Berlusconi, 77 ans, et une interdiction à vie de mandat public. Il a été reconnu coupable d'avoir payé pour des rapports intimes avec "Ruby la voleuse de coeurs", la Marocaine Karima El-Mahgroub, quand elle était mineure, et pour avoir fait pression sur la préfecture de Milan afin qu'elle soit relâchée après un larcin. Selon les conclusions des juges, l'ex-Cavaliere a bien eu des relations sexuelles avec Ruby qui n'avait alors que 17 ans en échange de "très importantes sommes d'argent et d'autres cadeaux". Le magnat de la télévision était en outre au courant du fait qu'elle était mineure et son intervention sur la police milanaise visait, selon les juges, non pas à éviter un incident diplomatique parce qu'il pensait qu'elle était la petite-fille du président égyptien Hosni Moubarak, comme il le prétendait, mais à cacher leur relation illicite. En cas de confirmation de sa culpabilité, M. Berlusconi ira certainement en cassation, une procédure qui prendra encore plusieurs mois. Si en fin de course, les sept ans de condamnation étaient maintenus, l'ex-Premier ministre perdrait automatiquement le bénéfice des TIG et d'une amnistie de trois ans dans le procès Mediaset, ce qui l'amènerait à devoir purger 11 ans de prison, vraisemblablement sous forme d'assignation à domicile. (Belga)

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