Crise en Tunisie - Un groupe salafiste lié à Aqmi "responsable" des meurtres d'opposants

27/08/13 à 16:01 - Mise à jour à 16:01

Source: Le Vif

(Belga) Le Premier ministre tunisien, Ali Larayedh, a accusé mardi le principal mouvement salafiste jihadiste du pays, Ansar Ashariaa, longtemps toléré, d'être lié à Al-Qaïda et d'avoir orchestré les assassinats de deux opposants ainsi que des attaques contre les forces tunisiennes.

Ce mouvement "est responsable des assassinats de (l'opposant de gauche Chokri) Belaïd et (du député Mohamed) Brahmi ainsi que de nos martyrs de la police et de l'armée nationale", a déclaré le Premier ministre. "Nous avons décidé de classer Ansar Ashariaa comme +organisation terroriste+", a-t-il ajouté, alors que son gouvernement est très critiqué face à l'essor des groupes jihadistes constaté depuis la révolution de janvier 2011. "Ansar Ashariaa est en liaison avec Aqmi et d'autres personnalités terroristes", a dit M. Larayedh, assurant que la Tunisie luttera contre ce groupe "quels que soient les sacrifices". L'assassinat en février de Chokri Belaïd avait entraîné la chute d'un premier gouvernement dirigé par les islamistes d'Ennahda. Celui de Mohamed Brahmi le 25 juillet a aussi entraîné une profonde crise politique toujours en cours. Si les autorités avaient déjà indiqué que des membres d'Ansar Ashariaa avaient participé à ces crimes, elles n'avaient jamais accusé l'organisation dans son ensemble d'en être responsable. M. Larayedh a aussi accusé ce groupe d'être derrière la cellule armée que les forces tunisiennes pourchassent à la frontière avec l'Algérie, au Mont Chaambi, depuis des mois. Une quinzaine de militaires y ont été tués. Jusqu'à présent, le gouvernement tunisien refusait de qualifier Ansar Ashariaa d'organisation terroriste et l'opposition accusait dès lors Ennahda de laxisme vis-à-vis de ce groupe dirigé par un vétéran d'Al-Qaïda en Afghanistan, le Tunisien Abou Iyadh. Ce dernier a jusqu'à présent toujours démenti toute participation à des actions armées en Tunisie, mais il avait menacé le gouvernement de "guerre" en mai dernier à la suite de l'interdiction du congrès annuel du mouvement. (Belga)

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