Bruxelles - Le viol d'un étudiant déguisé en femme suscite réactions et préoccupations

27/11/12 à 15:12 - Mise à jour à 15:12

Source: Le Vif

(Belga) Le viol d'un étudiant de la Hoogeschool Universiteit Brussel (HUB), déguisé en femme, le 15 octobre dernier dans le cadre d'un baptême estudiantin a suscité avec effet de retard plusieurs réactions dans le landernau bruxellois, lundi et mardi. Cet effet de retard est lié non pas à la diffusion récente d'éléments d'information concernant les faits, mais ce qui est présenté comme une décision de l'institution de demander aux étudiants d'éviter de se déguiser en femme.

Lundi, le secrétaire d'Etat bruxellois à l'égalité des Chances avait estimé que ce faisant, l'université envoyait un mauvais signal car c'est une manière implicite de concéder que le viol est lié à une responsabilité de la victime et non de l'auteur. Pour Bruno De Lille, une telle initiative constitue une insulte à l'égard des femmes et des transsexuels. Dans un tel cas, les femmes ne devraient pas non plus pouvoir s'habiller de manière trop féminine pour ne pas apparaître trop provocantes. Le président de l'assemblée de la Vlaamse Gemeenschapscommissie, Jean-Luc Vanraes (Open VLD), souhaite que cette décision soit revue. Pour lui, il faut combattre fermement ce type de violence et la sanctionner. Mais cela ne peut se faire en lui faisant des concessions et en limitant la liberté. De son côté, le député et échevin PS de la Ville de Bruxelles, Philippe Close a estimé mardi que même en partant d'un conseil inspiré d'une bonne intention de protection des étudiants, la haute école donnait un très mauvais signal de société. "Bruxelles est une capitale multiculturelle, où la liberté individuelle est un droit fondamental", a-t-il expliqué. Les étudiants de Bruxelles doivent se sentir libres de leurs actes et de leurs choix vestimentaires à tout moment. D'après Philippe Close, les autorités bruxelloises continueront de mettre tout en oeuvre pour garantir la sécurité de chacun. La lutte contre l'homophobie doit aussi être une priorité en termes d'éducation mais aussi de répression. (JDD)

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