Birmanie: Win Tin, figure de la lutte pour la démocratie, est décédé

21/04/14 à 07:22 - Mise à jour à 07:22

Source: Le Vif

(Belga) Win Tin, emprisonné pendant 19 ans pour son combat contre l'ancienne junte birmane, est décédé lundi à l'âge de 84 ans, a indiqué la Ligue nationale pour la démocratie (LND), parti historique de l'opposition qu'il a co-fondé avec Aung San Suu Kyi.

Birmanie: Win Tin, figure de la lutte pour la démocratie, est décédé

Win Tin, dont l'état de santé s'était détérioré ces dernières semaines, est mort lundi matin dans un hôpital de Rangoun, a déclaré Nyan Win, porte-parole de la LND. Les funérailles auront lieu mercredi. "Nous sommes tellement tristes de l'avoir perdu. C'est comme si c'était la fin du monde", a commenté son assistant de longue date, Yar Zar. "Mais nous avons beaucoup de chose à faire. Nous allons continuer à faire ce qu'il avait demandé, et nous suivrons son chemin vers la démocratie", a-t-il ajouté, soulignant que l'ancien journaliste avait jusqu'à la fin affirmé son soutien à la chef de l'opposition Aung San Suu Kyi. En 1988, alors qu'au moins 3.000 personnes sont tuées lors de la répression par les militaires d'un soulèvement populaire, il fait partie avec la prix Nobel de la paix des membres fondateurs de la LND. L'année suivante, il est arrêté et passera au total 19 années emprisonné, faisant alors de lui le prisonnier politique birman ayant passé le plus de temps derrière les barreaux. Libéré en septembre 2008 de la tristement célèbre prison d'Insein à Rangoun dans le cadre d'une amnistie, il raconte les tortures qu'il a subies et ses années en isolement, mais promet de continuer sa lutte pour la démocratie et pour la libération de tous les prisonniers politiques. La junte au pouvoir pendant près d'un demi-siècle s'est autodissoute en mars 2011, transférant ses pouvoirs à un régime quasi-civil qui a depuis entraîné la Birmanie dans un tourbillon de réformes, permettant la levée de presque toutes les sanctions occidentales. Le gouvernement du président Thein Sein a notamment libéré des centaines de prisonniers politiques et permis le retour au sein du jeu politique officiel de Suu Kyi, libérée de résidence surveillée fin 2010 et élue députée en 2012 à la faveur de législatives partielles. (Belga)

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