Yémen: les rebelles accusés de violer la trêve de 72 heures

20/10/16 à 22:02 - Mise à jour à 22:04

Source: Belga

(Belga) La coalition militaire arabe intervenant au Yémen a accusé jeudi les rebelles chiites Houthis de violer systématiquement la trêve de 72 heures qui était entrée en vigueur mercredi soir au Yémen.

"Il n'y a pas de cessez-le-feu du tout", a déclaré le porte-parole de la coalition arabe conduite par l'Arabie saoudite Mohammed al-Assiri, en accusant les Houthis de procéder à des tirs de mortier y compris en territoire saoudien. C'est ce qui a obligé, selon lui, les forces de la coalition qui agissent au Yémen en soutien au président Abd Rabbo Mansour Hadi et contre les Houthis à riposter à l'origine des tirs. La défense civile saoudienne a indiqué plus tôt qu'un civil saoudien et sa fille avaient été blessés dans le sud du pays par des tirs en provenance du Yémen alors que des sources militaires loyalistes yéménites ont fait état de combats sur différents fronts après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu parrainé par l'ONU. Cette trêve des combats, entrée en vigueur mercredi à 23H59 locales (20H59 GMT), avait fait naître l'espoir d'un règlement pour cette guerre qui a fait plus de 6.900 morts, 35.000 blessés et déplacé plus de trois millions de personnes depuis mars 2015. Mais, selon le général Assiri, pas moins de 43 violations du cessez-le-feu commises par les Houthis ont été enregistrées en moins de 12 heures. Un porte-parole loyaliste, le général Samir al-Haj a lui affirmé avoir recensé 69 violations par les rebelles à Taëz, grande ville du sud-ouest, et neuf autres à Nahm, au nord-est de la capitale Sanaa. Les armes ne se sont pas tues sur d'autres fronts qui s'étaient embrasés mercredi faisant 35 morts dans les deux camps juste avant la trêve, Houthis et forces loyalistes s'accusant mutuellement. Le porte-parole militaire des rebelles, le général Sharaf Lokman, a réclamé que "l'ennemi se conforme totalement (à la trêve) aux plans terrestre, naval et aérien". Il a toutefois enjoint à ses hommes de "garder le doigt sur la gâchette". Lors d'un entretien avec le médiateur de l'ONU Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, le président Hadi a déclaré avoir ordonné à ses hommes de continuer à "observer la trêve". La population du yémen, pays le plus pauvre de la Péninsule arabique, se sent désabusée par des trêves à répétition, rapidement violées. Il s'agit du 6e cessez-le-feu. (Belga)

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