Alexandre Charlier
Alexandre Charlier
Journaliste sportif
Opinion

04/09/12 à 12:05 - Mise à jour à 12:05

Witsel, un premier tacle au fair-play financier

Lundi 3 septembre, un absent de marque à la rentrée des classes des Diables rouges sifflée par Marc Wilmots. "Allo, coach ? C'est Axel. Je dois brosser l'entraînement de cet après-midi, mais, t'inquiète, coach, je serai là ce soir à l'hôtel. A l'aise."

Witsel, un premier tacle au fair-play financier

© BELGA

Le numéro 10 de l'équipe nationale est excusé. C'est qu'il avait une petite affaire à régler : un transfert de Benfica Lisbonne vers le Zénith Saint-Pétersbourg. Soit 40 millions d'euros d'indemnités et un contrat personnel de 3 millions d'euros par saison, garanti sur cinq ans ! Axel Witsel, 23 ans, navigue donc dans des sphères astronomiques, celles fréquentées par Eden Hazard, qui a rejoint Chelsea avant l'été, sur des bases financières similaires.

C'est tout à fait neuf : on s'arrache les joueurs belges sur la scène internationale (Kompany, Dembele, De Bruyne, Courtois, Benteke, Mirallas, Vadis Odidja etc.) et l'on se dit et redit, à trois jours du déplacement de l'équipe nationale au Pays de Galles, pour entamer la qualification pour la Coupe du monde 2014 au Brésil, que les Diables rouges ont désormais trop de talent et de qualités pour encore et toujours décevoir.

Dans le vestiaire, Axel Witsel, avec son petit air de poupon malicieux, va faire des jaloux. Car ce n'est pas un "win for life" qu'il a décroché mais une assurance tous risques couvrant les cinq prochaines générations de Witsel ! Bon, ce n'est pas le Real Madrid, Barcelone ou Manchester United qui s'est offert, au prix fort, les services de l'ancien joueur du Standard de Liège qui n'aura éclaboussé de sa classe les pelouses du Portugal qu'une petite année durant. Et le Zénith Saint-Pétersbourg, nouveau riche du foot européen, a un pouvoir d'attraction illimité. Non pas grâce à l'architecture sublime de sa ville, mais par sa puissance financière. Son argent, sonnant et trébuchant. Le même jour que la "bombe" Witsel, le club financé par Gazprom - tiens, tiens : sponsor officiel de l'UEFA... - s'est également payé le Brésilien Hulk (FC Porto). On parle là de 50 millions d'euros. Donc 40 + 50 : 90 millions. En 24 heures...

Tout cela au moment où Michel Platini, le président de l'UEFA, martèle que le système de "fair-play financier" sera bel et bien d'application en 2012-2013, après quelques années de transition pour une mise en conformité progressive. En gros, il s'agira de "ne pas dépenser plus que ce que l'on gagne." Mais il est à combien le prix d'entrée au stade à Saint-Pétersbourg ? Et qui va vérifier la provenance d'éventuels euros... troubles ? C'est sûr, le Sporting d'Anderlecht ne shoote pas dans la même catégorie que le Zénith, nouveau port d'attache d'Axel Witsel où il retrouvera son compatriote et collègue de l'équipe nationale Nicolas Lombaerts. On peut dire merci au bourreau de Marcin Wasilewski qui a fait une pub énorme aux Mauves pour la vente des abonnements en Champion's League, avec le Milan AC, Malaga (Oguchi Onyewu) et ... le Zénith en visite au Stade Constant Vanden Stock.

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