Voter extrême gauche est inutile pour Di Rupo

30/03/14 à 15:33 - Mise à jour à 15:33

Source: Le Vif

Le Premier ministre Elio Di Rupo a souligné dimanche le danger social qui émerge à ses yeux des programmes défendus par la droite, mais aussi l'inutilité de voter pour un parti d'extrême gauche. Pour y remédier, il a appelé à maintenir le PS à la première place du paysage politique francophone.

Voter extrême gauche est inutile pour Di Rupo

© Belga

Pour M. Di Rupo, dont le gouvernement s'est formé en contournant la N-VA devenue premier parti de Belgique en 2010, l'enjeu des élections du 25 mai prochain se situe cette fois "entre les partis francophones au sud du pays". Ils présentent "de très grandes différences" dans leur vision de la société, a-t-il affirmé, invité de L'Indiscret (RTBF). Et le président en titre du PS de pointer immédiatement du doigt la réforme fiscale du MR, qui "veut donner plus aux 10% les plus riches de la population, tandis que nous voulons récupérer 1% chez les riches" au bénéfice des 99% restants. "Avec le MR, un ministre gagnerait 6.500 euros en plus par an, on n'a pas besoin de cela", a-t-il lancé.

Le président du MR Charles Michel, confronté sur les plateaux de Mise au Point (RTBF) et de Controverse (RTL-TVi) au président faisant fonction du PS, Paul Magnette, qui évoquait lui aussi ces chiffres, a dénoncé "l'absurdité" de ces propos, qui "travestissent la réalité" selon lui.

Le PS souhaite une réforme fiscale neutre budgétairement. Pour Elio Di Rupo, celle du MR nécessitera en revanche de ponctionner la sécurité sociale. "Il y a un danger pour les pensionnés et les soins de santé", a-t-il affirmé, assurant que son parti défendait la classe moyenne et les plus vulnérables. Mais il n'est pas question de toucher à la sécurité sociale, a réfuté Charles Michel, mettant l'accent sur les économies de fonctionnement et la rationalisation des structures publiques et para-publiques.

Interrogé sur la montée de l'extrême gauche, M. Di Rupo s'est fendu d'une long plaidoyer pour affirmer que voter PTB offrirait "une voie royale à la droite". Il a critiqué l'inexpérience politique de ce parti, son absence de bilan social et mis en cause sa volonté réelle d'être aux affaires: "ils ne veulent pas gouverner". Dès lors, pour remédier au danger de la droite et à l'inutilité d'un vote d'extrême gauche, "le plus important, c'est que le PS reste le principal parti en Communauté française", selon M. Di Rupo.

Le PS "a besoin de voix, à Bruxelles comme en Wallonie, votez utile, votez PS", a-t-il martelé, alors que les sondages montrent un MR rivalisant pour la première place à Bruxelles et une percée du PTB-Go dans les deux régions du sud du pays.

Sur les plateaux télévisés dominicaux, les représentants des partis francophones comme néerlandophones se sont rejoints pour affirmer le socio-économique - et la fiscalité en particulier - comme préoccupation centrale de la prochaine législature, plutôt que l'institutionnel. Hendrik Vuye (N-VA) aussi, même si ses interlocuteurs francophones se sont montrés incrédules.

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