Voici pourquoi le cdH a dit non à la note de De Wever

25/06/14 à 06:36 - Mise à jour à 06:36

Source: Le Vif

Le cdH ne rejette pas le principe d'une alliance de centre-droit mais estime que l'informateur royal Bart De Wever n'a pas été en mesure de proposer une base de négociation qui permette d'être rassuré sur les "véritables intentions" de celui qui est aussi le président des nationalistes flamands. Il "décline donc la proposition qui lui a été faite de participer à un projet de droite confédéraliste".

Voici pourquoi le cdH a dit non à la note de De Wever

© Belga

"Le principe d'une alliance de centre-droit est une configuration de gouvernement qui est tout à fait susceptible d'intéresser le cdH. L'important pour le cdH reste toujours le contenu de l'accord, la confiance indispensable entre les partenaires et les projets à réaliser", dit le parti centriste dans un communiqué. Le cdH reproche notamment à l'informateur de considérer le gouvernement fédéral comme étant "au service des entités fédérées". "Cette formulation instaure le confédéralisme larvé au sein même des institutions", estime le cdH. Dans sa note, telle que l'a rendue publique le quotidien De Tijd, M. De Wever écrit: "l'Etat fédéral est au service des citoyens et des entités fédérées avec lesquels il collabore intensément".

La note précise aussi qu'il faut tendre vers une coalition disposant au parlement d'une majorité simple et d'une "convergence socio-économique maximale". Une majorité spéciale en vue de réformes institutionnelles n'est pas "à l'ordre du jour", précise l'informateur. Un argument qui ne convainc pas les centristes francophones: la note n'empêche nullement les initiatives législatives à majorité simple démantelant des compétences fédérales, dit-il. Le cdH regrette en outre l'absence de garanties sur le respect de la loyauté fédérale et la mise en oeuvre de la 6e réforme de l'Etat. Le cdH s'inquiète aussi des aspects de la note qui concernent les travailleurs. L'informateur préconise clairement une "modération salariale", souligne-t-il. "Aucune garantie n'est apportée pour maintenir le pouvoir d'achat des citoyens", relève le parti. Dans sa note, M. De Wever évoque la nécessité de réduire le handicap salarial de la Belgique (4 pc) le plus vite possible et cite à titre d'exemple une modération salariale approfondie sans donner d'autre précision. Sur la sécurité sociale, et en particulier en matière de soins de santé, le cdH juge "dangereuse" la note de l'informateur.

Celle-ci évoque "quelques idées" qui circulent pour réaliser des économies dans les soins de santé et qui peuvent être résumées comme suit: "la norme de croissance sera diminuée; après l'assainissement, le budget des soins de santé croîtra dans un tempo qui prend en compte la vigueur de l'économie et les besoins réels". Le cdH reproche enfin à M. De Wever de n'avoir pas pris d'engagements sur d'autres points comme le maintien de l'âge légal de la pension à 65 ans, la garantie des budgets pour la Justice, la police et les services de secours, ou encore la mise en place de la communauté métropolitaine et la nomination des magistrats francophones manquants à Bruxelles.

La note de l'informateur offre en guise de préambule une synthèse des recommandations européennes adressées à la Belgique. Elle parle de l'indexation des salaires, mais en termes vagues, pour l'inscrire dans le prolongement des réformes entreprises ces dernières années, de la réforme des intérêts notionnels, d'une possibilité de transfert de charges fiscales pour réduire la charge sur le travail et en vue de changer certains comportements, etc. En matière de chômage, la note insiste sur la nécessité d'intensifier l'activation des demandeurs d'emploi, évoque la possibilité d'obliger certains d'entre eux à prester un travail au service de la communauté et d'étudier un renforcement de la dégressivité des allocations, mais ne parle pas de limiter dans le temps de celles-ci.

Lutgen opposé à une poursuite des négociations avec les mêmes partenaires

Le président du cdH, Benoît Lutgen, n'est pas favorable à une poursuite des négociations au fédéral avec les partenaires actuellement autour de la table. M. Lutgen a répété ses doutes quant aux intentions véritables de l'informateur, accusé d'être "belgosceptique et eurosceptique". Si le parti centriste maintenait mardi, dans un communiqué, son intérêt pour "le principe d'une alliance de centre-droit", M. Lutgen semblait considérer mercredi matin que la formule associant N-VA, CD&V, MR et cdH avait vécu, même avec un hypothétique informateur CD&V. "La confiance n'est pas là, dans cette formule-là", a-t-il dit. M. Lutgen ne s'avance pas davantage sur la suite des événements, soulignant que "la balle est dans le camp de l'informateur". Il y a "différentes formules arithmétiques qui sont possibles", y compris celle excluant le cdH, a-t-il relevé.

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