Violences à Gaza : l'ambassadrice d'Israël en Belgique convoquée aux Affaires étrangères

15/05/18 à 13:57 - Mise à jour à 21:57

Source: Belga

L'ambassadrice d'Israël en Belgique, Simona Frankel, a été convoquée au département des Affaires étrangères à la suite de propos qu'elle a tenus mardi matin en radio concernant les victimes de la répression israélienne à Gaza. "On peut entendre beaucoup de choses, mais il y a des limites", a estimé le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders.

Violences à Gaza : l'ambassadrice d'Israël en Belgique convoquée aux Affaires étrangères

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"Je regrette beaucoup pour chaque humain décédé même si ce sont des terroristes, 55 terroristes qui viennent près de la barrière pour essayer de passer sur le territoire israélien", a notamment déclaré Mme Frankel au micro de La Première (RTBF). "Entendre que toutes les personnes qui ont été tuées étaient des terroristes, cela dépasse l'entendement", a souligné M. Reynders, avant de rappeler que plusieurs enfants palestiniens ont perdu la vie lundi dans les heurts avec les forces israéliennes. "Il y a une confusion des genres qui va trop loin", a-t-il insisté.

Le chef de la diplomatie belge a par ailleurs réitéré sa dénonciation de l'usage disproportionné de la force par l'armée israélienne, que l'ambassadrice avait affirmé plus tôt ne pas comprendre. "L'idée de la proportionnalité est claire. Il n'y a eu aucun blessé du côté d'Israël", a souligné le ministre.

Près de 60 Palestiniens ont été tués et 2.400 blessés par des tirs de soldats israéliens à proximité de la barrière de sécurité qui sépare la bande de Gaza du territoire israélien lors de heurts et de manifestations de masse contre l'inauguration de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, qui avait lieu à quelques dizaines de kilomètres de là.

Les Affaires étrangères rappelleront à l'ambassadrice Frankel le nécessaire respect par l'État d'Israël de ses engagements internationaux, que ce soit en matière d'emploi de la force publique ou encore de respect du droit de manifestation. Elles lui feront également part de leur réprobation quant aux propos qu'elle a tenus.

Charles Michel condamne une violence "inacceptable"

Le Premier ministre Charles Michel a condamné mardi la violence qui éclaté lundi à la limite de la bande de Gaza. Interrogé par RTL, il a annoncé qu'il plaiderait auprès du secrétaire général des Nations unies pour l'ouverture d'une enquête internationale sur celle-ci.

"Je condamne cette violence, qui est une violence totalement inacceptable. J'aurai l'occasion ce soir de rencontrer le secrétaire général des Nations unies. Je vais plaider pour qu'il y ait une enquête internationale. Il ne peut pas y avoir d'impunité. Il y a des règles en droit international", a commenté le Premier ministre.

M. Michel a rappelé que le gouvernement belge s'était distancié de la décision de déménager l'ambassade américaine à Jérusalem et que lui-même avait condamné ce choix unilatéral au parlement belge. "Je ne peux que regretter cette situation absolument dramatique pour des familles qui sont en deuil. Des enfants qui ont été victimes également de ces événements", a déploré le Premier ministre.

Sur la RTBF, le chef du gouvernement fédéral s'est également dit "choqué" par les propos tenus mardi matin par l'ambassadrice d'Israël en Belgique Simona Frankel. Sur La Première, celle-ci avait affirmé que l'ensemble des victimes palestiniennes étaient des terroristes.

"Je suis choqué par ces propos" a réagi Charles Michel. "C'est la raison pour laquelle une enquête internationale doit intervenir. Je ne comprendrais pas que les autorités d'Israël n'acceptent pas qu'il y ait une enquête internationale. On doit pouvoir faire la part des responsabilités", a-t-il ajouté.

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