Venezuela: l'ONU dénonce un "usage excessif de la force"

08/08/17 à 11:56 - Mise à jour à 11:57

Source: Belga

(Belga) L'Onu a dénoncé mardi "un usage excessif de la force" au Venezuela et accusé les forces de sécurité d'être responsables de la mort d'au moins 46 manifestants antigouvernementaux.

"Depuis le début des manifestations en avril, on constate une tendance évidente à l'usage excessif de la force à l'encontre des manifestants", a déclaré le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad al Hussein dans un communiqué. "Plusieurs milliers de personnes ont été placées en détention arbitraire, beaucoup auraient été victimes de mauvais traitements et même de torture", a-t-il ajouté. Les autorités vénézuéliennes ayant refusé l'accès du pays aux enquêteurs de l'ONU, M. Zeid a chargé une équipe de spécialistes des droits de l'Homme d'interviewer à distance quelque 135 victimes et leurs familles, ainsi que des témoins, des journalistes, des avocats, des médecins, et des membres du Bureau de la procureure générale. "Au 31 juillet, le Bureau de la procureure générale enquêtait sur 124 décès dans le cadre des manifestations. D'après l'analyse de l'équipe des droits de l'Homme des Nations Unies, les forces de l'ordre seraient responsables d'au moins 46 de ces décès, tandis que 27 autres seraient imputés à des groupes armés progouvernementaux, dénommés 'colectivos' armés (qui) circulent à moto, en brandissant des armes à feu", a précisé le communiqué. A propos du nombre de personnes détenues, aucun chiffre officiel n'a été publié, mais "des estimations fiables suggèrent qu'entre le 1er avril, date à laquelle ont commencé les manifestations de masse, et le 31 juillet, plus de 5.051 personnes ont été placées en détention arbitraire", poursuit le Haut-Commissariat. Plus de 1.000 personnes seraient encore en détention. Plusieurs rapports crédibles font état de "traitements cruels, inhumains ou dégradants à l'encontre de ces détenus par les forces de l'ordre, s'apparentant dans certains cas à des actes de torture", indique le communiqué, qui dénonce le recours aux décharges électriques, à des pratiques de suspension par les poignets pendant de longues périodes, à l'asphyxie par le gaz, et à des menaces de mort, voire des menaces de violence sexuelle, à l'encontre des détenus ou de leurs familles. (Belga)

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