Thierry Fiorilli
Thierry Fiorilli
Rédacteur en chef du Vif/L'Express
Opinion

15/06/12 à 09:46 - Mise à jour à 09:46

Vaccin antistupidité

Pourquoi les stupides nous détruisent. Et comment s'en protéger.

Un nouveau "Lapins Crétins" vient de sortir, pour la console DS version 3D. En septembre, parution de Je vais passer pour un vieux con, le nouveau roman de Philippe Delerm, au Seuil. Il y a 432 002 personnes qui aiment la page Facebook de Super Connard. Durant la campagne présidentielle française, François Fillon a jugé que la proposition de François Hollande de taxer à 75 % les personnes dont le revenu dépasse 1 million d'euros était "imbécile". Lundi, un grand débat était ouvert sur jeuvideo.com pour savoir si Mario Balotelli, international italien jouant actuellement l'Euro de foot, est "un génie ou un abruti". Et, chaque soir, si on redéroule le fil de la journée, on doit bien convenir qu'elle nous a peu confrontés à des gestes, réactions et propos d'une intelligence foudroyante.

Bref , l'époque est rude pour l'homo sapiens mais elle est tout amour pour les couillons (et, personnellement, on trouve que ça commence à faire long).

La publication de Les Lois fondamentales de la stupidité humaine tombe donc à pic. Feu son auteur (Carlo Cipolla, économiste italien) dit vouloir viser "à détecter, à connaître et peut-être à neutraliser l'une des plus puissantes forces obscures qui entravent le bien-être et le bonheur de l'humanité". La stupidité, donc. Cipolla la dépeint comme naturelle, et en aucun cas culturelle. Elle n'est l'apanage d'aucune classe sociale, aucune tranche d'âge, n'a pas de sexe, ni de fonctions professionnelles particulières. Elle vous tombe dessus, dès la naissance, et puis elle ne vous lâche jamais plus. Brassens avait résumé ça rondement : "Quand on est con, on est con."

Selon Cipolla, l'humanité se distingue en quatre catégories d'individus : le crétin (il ne nuit qu'à lui-même et sert les intérêts des autres), le bandit (il ne sert que lui-même et est dommageable pour les autres), l'intelligent (il profite à tout le monde) et le stupide (il nuit à tout le monde). Le stupide est le plus dangereux, il y en a toujours plus qu'on croit et on sous-estime toujours leur pouvoir de nuisance. D'autant qu' "une fraction (constante) de gens qui votent est stupide et les élections lui offrent une magnifique occasion de faire du tort à tous les autres, sans tirer de son action le moindre bénéfice pour elle-même. En réalisant cet objectif, cette fraction contribue à maintenir une proportion (constante) de personnes stupides parmi celles qui sont au pouvoir".

Là, on regarde quand même un peu au Nord. Et on repense à un président américain qui, juste avant Obama, a exercé deux mandats d'affilée...

Bon, l'ouvrage se veut humoristique évidemment. Il n'en est que plus pertinent. Et calme les angoisses : on est toujours entouré de plus d'imbéciles, mais une fois qu'on les a démasqués, on peut échapper à leur capacité de destruction. En les fuyant.

Et ce n'est pas le plus malin de la bande qui vous le dit

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