Une quadripartite régionale ?

16/11/11 à 10:03 - Mise à jour à 10:03

Source: Le Vif

L'hypothèse selon laquelle le MR pourrait intégrer les majorités régionales refait surface alors que les tensions restent vives entre socialistes et réformateurs assis à la table des négociations budgétaires fédérales.

Une quadripartite régionale ?

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Le journal Le Soir indique mercredi que des contacts bilatéraux ont lieu en coulisse et que, même si l'information n'est pas confirmée officiellement, il est question de faire monter le MR dans les majorités en Wallonie et à Bruxelles dès 2013, année au cours de laquelle serait mise en oeuvre la réforme de l'État. L'objectif serait de mettre en place des gouvernements régionaux (et de Communauté) associant le PS, le MR, le cdH et Ecolo.

Invité de Bel RTL, le président de la Chambre André Flahaut (PS) est d'avis que c'est "peut-être une piste qu'il faut explorer à un moment" à condition que "ceux qui sont dans la pièce acceptent". En effet, précise-t-il, "c'est de la responsabilité de chacun (de dire) si un élargissement permettrait de mieux rencontrer certains défis futurs".

À cet égard, il semble que le cdH ferme déjà la porte. Interrogée sur La Première (RTBF), la chef de groupe Catherine Fonck a indiqué que "ces marchandages entre les meilleurs ennemis du monde ne vont certainement pas dans le sens de l'intérêt général". Il est normal, précise-t-elle, qu'au niveau des entités fédérées, majorité et opposition s'associent pour mettre en oeuvre la réforme de l'État, mais "déstabiliser" les majorités en place, "je ne suis pas sûre que ce soit une bonne chose".

"Courage et pas marchandage" réplique Charles Michel


"Le courage, oui. Le marchandage, non. Pour le MR, ce qui compte c'est le courage". Tel est l'essentiel de la réaction du président du MR Charles Michel aux informations relatives à une ossible entrée de son parti dans les exécutifs régionaux et communautaires.

"Nous avons, dès le début, montré du courage. Nous avons été les premiers à nous engager à négocier sur la base de note de M. Di Rupo en juillet dernier après avoir été exclus pendant des mois de toutes les discussions et nous avons avons montré du courage en négociant un accord institutionnel pour sortir le pays de la crise", a-t-il dit à l'Agence Belga, réfutant l'information du quotidien Le Soir.

M. Michel se défend de tout marchandage. "Nous avons des convictions fortes. Nous voulons défendre ceux qui travaillent, les indépendants, les classes moyennes. C'est notre priorité absolue. Nous voulons réduire le train de vie de l'Etat et faire la chasse aux gaspillages pour protéger le niveau de vie de ceux qui travaillent".

Et d'inviter "tout le monde à faire preuve du même courage pour assainir les finances publiques". "Le MR se battra, au gouvernement et au parlement, pour protéger ceux qui travaillent", a encore martelé M. Michel.

Ecolo refuse ce scénario

Ecolo n'entend pas s'inscrire dans les scénarios de quadripartites régionales. "Ce que les citoyens attendent, ce ne sont pas des petits jeux politiciens, mais que chacun fasse son travail", réagissent les Verts.

"Aujourd'hui, ce que les citoyens attendent, c'est des solutions pour mettre notre pays à l'abri de la crise internationale et non des scénarios fumeux qui déstabiliseraient encore davantage nos institutions, n'auraient guère de sens (union nationale qui ne s'appliquerait qu'en Wallonie, alors que la coalition n'est pas la même au niveau fédéral, en Flandre ou à Bruxelles) et mettraient encore davantage à mal notre démocratie", précise un porte-parole d'Ecolo.

Les Verts disent constater "d'immenses divergences entre les six partenaires en négociation au niveau fédéral et une volonté manifeste de dévier le tir". Faisant valoir la stabilité et le bilan des "majorités Olivier" en place, qui ont, disent-ils, démontré leur capacité à assumer leurs responsabilités dans un contexte budgétaire serré (plan Marshall 2.Vert, enseignement, retour à l'équilibre en 2015...), ils estiment qu'il serait "irresponsable d'exporter les difficultés fédérales et ajouter du chaos au chaos".

LeVif.be avec Belga

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