Guido Fonteyn
Opinion

23/09/11 à 09:39 - Mise à jour à 09:39

Une journée wallonne à Alost

LES RUPTURES ENTRE LE CD&V ET LA N-VA, D'UNE PART, et entre le MR et le FDF, d'autre part, offrent de nouvelles possibilités de coopération dans ce pays.

Nous pourrons dès lors continuer à affiner notre "modèle belge", étant donné que la N-VA et le FDF se retrouvent sur le bord de la route, impuissants. Le point de départ, c'est qu'on ne touchera plus à la frontière linguistique et aux facilités accordées dans les six communes de la périphérie bruxelloise. Mais il est nécessaire alors que la presse francophone cesse d'écrire que ces six communes se trouvent dans une "salle d'attente", avant d'être intégrées dans la Région bruxelloise. Aussi longtemps que ce petit jeu durera, l'inquiétude régnera en Flandre.

A mes yeux, il est indispensable de chercher de nouvelles et constructives formes de contact entre les Régions et/ou Communautés. Cela vaut pour la "Métropole" que nous pouvons appeler la "Métropole Brabant". Cela vaut aussi pour les inévitables accords de coopération entre les Communautés et les Régions.

Quant au concept de métropole, les journalistes et les politiques de tout poil et de tout régime linguistique gagneraient à se rendre sans tarder dans la métropole Lille-Courtrai-Tournai, pour en étudier le bon fonctionnement. Le ministre démissionnaire de la Justice, Stefaan De Clerck, en est un chaud partisan en tant que bourgmestre (empêché) de Courtrai. Il a affirmé à plusieurs reprises - entre autres lors d'une audition au parlement flamand voici quelques années - que "sa" métropole peut servir d'exemple pour Bruxelles-Brabant. Personne, à Courtrai, ne suspecte "ceux de Lille" de nourrir l'intention d'annexer, à terme, Courtrai à la France, et vice versa. Il en va naturellement de même pour Tournai. Il nous faut ce modèle pour le Brabant. Le moment est venu de préparer un accord de coopération entre les Communautés flamande et française. Les Flamands devront enfin apprendre à ne pas voir dans chaque activité culturelle francophone en Flandre une manifestation de l'impérialisme francophone. De leur côté, les francophones devront comprendre que l'appartenance à un rôle linguistique n'est pas une affaire de gènes. D'ailleurs, dans la pratique, des compagnies de théâtre et des groupes musicaux collaborent depuis des années déjà, dans le plus grand respect mutuel. Cela ne se fait pas seulement à Bruxelles - où l'entente entre le KVS et le Théâtre national est exemplaire, ou à l'occasion de la Parade Zinneke - mais aussi à Alost, où le 8 octobre se tiendra une "Journée wallonne". Qu'on se le dise.

Guido Fonteyn, journaliste indépendant et essayiste

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