Une étude révèle le mal-être des militaires

28/11/17 à 19:39 - Mise à jour à 19:38

Source: Belga

Les militaires - et en particulier les plus jeunes d'entre eux - se sentent peu valorisés et doutent de l'organisation à laquelle ils appartiennent, affirme une enquête interne à l'armée dont l'existence a été révéle mardi par la radio-télévision flamande VRT, qui impute ce mal-être au "manque de certitude" sur l'avenir, avec comme épées de Damoclès la fermeture de casernes et l'éventuel recul de l'âge du départ à la retraite.

Une étude révèle le mal-être des militaires

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Mais tant le ministre de la Défense, Steven Vandeput, que le chef de la Défense (Chod), le général Marc Compernol, ont souligné que cette situation résultait d'un héritage du passé - celui du désinvestissement dans l'armée, désormais révolu selon eux.

Selon cette enquête - en fait un sondage sur l'image et l'identité datant de plusieurs mois mais jusqu'ici non diffusé en raison des mauvais résultats -, les militaires ne se sentent guère valorisés et n'ont pas une bonne image de la Défense, une tendance négative qui s'est aggravée au cours des deux dernières années.

Selon la VRT, les militaires francophones sont "plus positifs" que leurs collègues néerlandophones, tout comme ceux âgés de plus de 45 ans. Les différences sont faibles entre les quatre composantes des forces armées. Toujours selon cette enquête, les militaires ont une image négative de leur organisation. Près de 40% d'entre eux doutent que la Défense soit en mesure de remplir correctement ses tâches - qui ne leur apparaissent pas clairement.

Une majorité de militaires estime que la population belge "n'est pas fière" d'eux. "Ce qui ne correspond pas à la réalité", souligne toutefois l'enquête. Les militaires doutent également de leur avenir, estimant que l'armée communique trop peu en interne et en externe, alors que la Défense met l'accent sur les réseaux sociaux. Le rapport souligne explicitement que l'incertitude ressentie découle du manque de décisions politiques, notamment sur la fermeture de casernes.

M. Vandeput (N-VA) a affirmé mardi avoir "de la compréhension" pour le mécontentement ressenti par les militaires, tout en assurant que le temps des économies frappant son département était révolu.

"La marée s'est inversée. Nous investissons et nous recrutons à nouveau davantage. Mais cela ne va pas se faire du jour au lendemain", a-t-il affirmé au micro de la VRT-radio. Le ministre a assuré qu'il n'était pas sourd au mal-être ressenti dans les rangs des militaires mais il l'a imputé aux économies réalisées dans le passé à la Défense. "Un certain nombre de personnes ont de ce fait perdu la foi dans l'avenir de la Défense", a-t-il dit.

Mais il a souligné que cette page était tournée et que l'armée investissait et recrutait à nouveau. M. Vandeput a aussi rejeté les critiques parlant d'une incertitude à la Défense et d'un manque de vision. "Je l'ai dit clairement (...): aucune caserne ne fermera d'ici 2020. Et notre vision est claire: nous allons vers une armée plus petite mais mieux équipée et concentrée sur ses tâches principales", a-t-il affirmé en appelant toutes les personnes concernées à coopérer pour l'image de la Défense.

Un message également relayé par le "patron" de l'armée, qui a assuré comprendre le sentiment d'incertitude qui règne parmi ses militaires. "La Défense est une organisation en pleine transformation. Chaque changement amène son lot d'incertitude. Cette incertitude grandit encore plus chez les militaires en raison des changements profonds dans le dossier des pensions et du point d'interrogation qui subsiste dans le volet 'quartiers' de la vision stratégique (approuvée en juin 2016 par le gouvernement et qui trace les contours de la Défense à l'horizon 2030, ndlr)", a indiqué l'état-major dans une déclaration à l'agence Belga.

Le général Compernol confirme qu'il a laissé organiser ce sondage interne auprès des militaires. "Les résultats de cette enquête interne confirment les précédentes indications de doute du personnel quant à l'avenir. Le personnel qui se porte chaque jour à nouveau garant de notre sécurité mérite de la clarté quant à son avenir. Cela lui tient à coeur et nous y travaillons dur en permanence", a ajouté l'état-major.

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