Une caution de 10 cents sur les canettes pour réduire les déchets sur la voie publique

19/08/14 à 14:02 - Mise à jour à 14:02

Source: Le Vif

Une consigne de dix centimes d'euro sur les canettes en aluminium devrait être suffisante, a jugé mardi le nouveau ministre wallon de l'Environnement Carlo Di Antonio, qui ambitionne de résoudre en deux ans les problèmes de déchets sur la voie publique en Wallonie.

Une caution de 10 cents sur les canettes pour réduire les déchets sur la voie publique

© Image Globe

"Il faut en faire le constat", la Wallonie est une des régions les plus sales d'Europe, a concédé le ministre cdH sur les ondes de Bel-RTL.

Dans sa déclaration de politique régionale, le nouveau gouvernement wallon a notamment prévu une consigne pour les canettes en aluminium et autres emballages abandonnés dans l'espace public et dans la nature, ou tout autre mécanisme réparateur équivalent.

"Une consigne de dix centimes serait suffisante, et on récupère cette consigne quand la canette retourne dans le circuit", estime M. Di Antonio. Selon les chiffres du ministre, 5% des canettes ne sont pas récupérées et se retrouvent au bord des routes ou dans les champs.

Outre l'aspect environnemental, les coûts de ramassage sont importants: 20 millions d'euros pour la Région pour les voiries régionales et les autoroutes, mais des centaines de millions pour les communes.

Le ministre compte mettre la piste à l'étude avec le secteur. Il présentera de premières mesures de propreté publique dès septembre et ambitionne de "résoudre le problème" des déchets sur la voie publique en deux ans. Il évoque aussi une consigne sur les bouteilles PMC et des actions visant les emballages plastiques.

En outre, pour agir sur le comportement des "quelques pour-cent des gens qui ne respectent pas les règles", il compte évaluer et renforcer le système des amendes administratives en la matière.

Le groupe cdH au parlement wallon avait déjà déposé en mars 2011 une proposition de résolution sur la consigne pour canettes, à l'initiative notamment de Carlo Di Antonio, alors député.

Le prédécesseur de M. Di Antonio, Philippe Henry (Ecolo), avait pour sa part mis le sujet à l'étude. Il souhaitait impliquer le fédéral et les autres Régions, voire mobiliser le niveau européen, vu l'étroitesse du territoire wallon et l'importance du transit international, lui aussi générateur de déchets.

Parmi les exemples notables à l'étranger, l'Allemagne impose déjà une telle consigne, même sur les canettes importées de l'étranger (obligation de reprise systématique).

A l'inverse, Fost Plus, organisme privé qui prend en charge la collectes sélectives, le tri et le recyclage des déchets d'emballages ménagers en Belgique, n'est pas favorable à la consigne sur les canettes. Selon lui, le système actuel est performant et risque d'être mis à mal si une consigne était instaurée.

Comeos, la fédération belge du commerce, est sur la même longueur d'onde. Coûteuse, complexe à mettre en oeuvre, peu efficace pour lutter contre les déchets sauvages, la consigne risque selon elle de mettre en péril le système de collecte actuel.

IEW applaudit Di Antonio

La plate-forme associative Inter-Environnement Wallonie (IEW) a applaudi "sans réserve" mardi la volonté affirmée par le ministre de l'Environnement Carlo Di Antonio d'instaurer une consigne sur les canettes de boissons et les bouteilles PMC.

"La mise en place de cette disposition contribuera certes à améliorer l'état de l'espace public wallon en réduisant les abandons sauvages des contenants concernés, mais ce n'est pas son seul attrait: elle constituera également une plus-value pour l'économie régionale", affirme IEW, s'inscrivant ainsi en faux contre la fédération commerciale Comeos et l'organisme de recyclage Fost Plus.

Une étude réalisée en 2010 par "Friends of the Earth Europe" a en effet démontré qu'une tonne de déchets recyclés générait 5 à 10 fois plus d'emplois qu'une tonne de déchets incinérés, explique IEW.

Avec la consigne, "non seulement la Wallonie renforcera-t-elle son statut de leader du recyclage des déchets ménagers, mais elle affirmera dans le même temps son engagement dans une économie circulaire évitant le gaspillage de matières premières précieuses, notamment l'aluminium".

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