Un syndicaliste de la CSC inculpé pour une parodie: "J'avais prévenu qu'il y aurait des suites"

01/03/16 à 20:23 - Mise à jour à 20:22

Source: Belga

La plainte déposée par la ministre Marie Christine Marghem contre deux syndicalistes de la CSC a débouché sur l'inculpation de l'un d'entre eux, comme l'indique La Libre Belgique mardi. La procédure judiciaire risque d'être longue. Il y a plusieurs filtres avant le renvoi devant le tribunal.

Un syndicaliste de la CSC inculpé pour une parodie: "J'avais prévenu qu'il y aurait des suites"

Marie-Christine Marghem, ministre de l'Energie (MR). © BELGA

Entendant dénoncer la ré-instauration par le gouvernement fédéral de visites surprises chez les chômeurs pour débusquer des fraudes, des syndicalistes de la CSC étaient venus en juin 2015 frapper à la porte de politiciens, dont la tournaisienne Marie Christine Marghem (MR), ministre fédérale de l'Energie. Fin août, celle-ci avait déposé plainte, avec constitution de partie civile, contre Frédéric Lefèvre, le faux contrôleur, et Julie Coumont, une permanente de la CSC qui avait posté la vidéo de l'action sur Youtube, pour injures, calomnies, violation de la correspondance privée et atteinte à la vie privée. La ministre reprochait en plus à Frédéric Lefèvre une usurpation de fonction.

Ce dernier a été inculpé en janvier dernier par la juge d'instruction de Tournai Mme Dierick, pour calomnie et usurpation d'identité.

"Mme Marghem s'étant constituée partie civile à Tournai, les réquisitions seront formulées par le parquet de Tournai. Les faits ayant été commis à Tournai, en cas de jugement, ce sera également devant un tribunal tournaisien. Ceci dit, l'inculpation est un acte normal qui donne droit de se défendre. L'inculpé peut à présent consulter son dossier et peut déposer une requête pour des devoirs complémentaires", explique Frédéric Bariseau, substitut du procureur du roi de Tournai.

"J'ai les réflexes de la profession que j'exerce"

Lorsque la juge d'instruction aura bouclé son dossier, celui-ci sera transmis au parquet, qui tracera des réquisitions demandant le non-lieu ou le renvoi devant un tribunal correctionnel. Ces réquisitions seront ensuite examinées par la Chambre du conseil de Tournai qui déterminera s'il y a lieu ou non de renvoyer l'inculpé devant un tribunal.

Contacté par La Libre au sujet de cette inculpation, la ministre de l'Energie estime avoir réagi en avocate. "J'avais prévenu oralement les auteurs de la vidéo que s'ils la diffusaient, il y aurait des suites. Je leur avais confirmé cela par courrier recommandé, explique Mme Marghem. J'ai les réflexes de la profession que j'exerce. Il y avait une atteinte à la vie privée puisque la vidéo était tournée en dehors d'un contexte public et sans mon autorisation."

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