Un rappeur aurait fui l'Espagne pour éviter la prison pour ses chansons

24/05/18 à 14:44 - Mise à jour à 14:50

Source: Belga

(Belga) Mais où est Valtonyc? Condamné pour apologie du terrorisme en vertu d'une loi de plus en plus controversée, ce rappeur aurait fui l'Espagne afin d'éviter son incarcération jeudi, relançant le débat sur la liberté d'expression.

Selon des médias espagnols, Josep Miquel Arenas Beltran, plus connu sous son nom de scène "Valtonyc", aurait quitté le pays pour la Belgique, des informations que l'AFP n'a pas été en mesure de confirmer. Jeudi, le ministre de la Justice Rafael Catala a toutefois dit s'attendre à ce que "le tribunal compétent émette un ordre de détention pour l'arrêter grâce à la coopération internationale". Condamné à trois ans et demi de prison pour "apologie du terrorisme", "injures à la Couronne" et "menaces", une peine confirmée en février par la Cour suprême, le chanteur de 24 ans, peu connu avant de passer devant les tribunaux, avait jusqu'à jeudi pour se livrer à la justice. Dans un tweet envoyé mercredi après-midi, il a toutefois annoncé son intention de "désobéir". "Demain, ils vont frapper à ma porte pour me mettre en prison. Pour des chansons. Demain, l'Espagne va se ridiculiser, une fois de plus. Je ne vais pas me laisser faire. Désobéir est légitime", a écrit le rappeur majorquin, en traitant l'État espagnol de "fasciste". Valtonyc a reçu le soutien dans son exil présumé de l'ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont, parti en Belgique après la vaine déclaration d'indépendance du 27 octobre. Dans les paroles de ses chansons, le rappeur évoque le meurtre de membres du gouvernement, de la famille royale et de partis de droite. Il a aussi appelé dans un concert plus récent à "tuer un Garde civil". La législation espagnole sur l'apologie du terrorisme et les injures à la Couronne est de plus en plus sujette à controverse. Ces derniers mois, plusieurs internautes ou artistes espagnols ont été condamnés pour ces chefs d'accusation. Ces condamnations ont suscité de nombreuses critiques, Amnesty International ayant notamment accusé la loi espagnole d'être utilisée pour "réprimer les expressions politiques, surtout sur les réseaux sociaux". (Belga)

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