Un premier tour de table favorable à une large amélioration de la loi IVG

23/05/18 à 17:54 - Mise à jour à 17:56

Source: Belga

(Belga) Les cinq premiers experts auditionnés au parlement dans le cadre de la dépénalisation et de l'amélioration des conditions de la pratique de l'interruption volontaire de grossesse se sont prononcés mercredi, à une exception près, mondes laïque et catholique confondus, en faveur d'une évolution progressiste du cadre légal.

Le professeur de bioéthique de la KUL Pascal Borry, et le professeur émérite de la VUB Jean-Jacques Amy, ont ainsi appelé à une sortie complète des textes du Code pénal, à un allongement des délais autorisés pour la pratique de l'avortement, à un raccourcissement drastique du délai de réflexion et une suppression de la constatation par le médecin de l'état de détresse de la femme. Le professeur de la KUL a suggéré que la Belgique adopte le modèle suédois autorisant l'avortement jusqu'à 18 semaines; il est actuellement limité à 12 semaines de grossesse en Belgique. La femme qui souhaite se faire avorter doit actuellement observer un délai de réflexion de 6 jours après la première consultation. Certains estiment que la longueur de ce délai fait courir le risque de se trouver hors délai légal ou de plonger la femme dans un état de culpabilité. "Il y a peu de cas où la femme est amenée à reconsidérer sa décision. On peut dès lors se demander si ce délai n'est pas exagéré et s'il n'a pas un impact important sur les femmes concernées. Le réduire permettrait de le faire correspondre à la réalité du processus parcouru", a estimé Pascal Borry. Enfin, à la situation d'urgence, le professeur de la KUL dit préférer une "requête volontaire et durable". Au nom de la Fédération Laïque des centres de Planning Familial, Jean-Jacques Lamy s'est réjoui du "consensus" qui se dégage en faveur d'une amélioration de loi. Selon lui, il faut pouvoir "prendre en considération un âge gestationnel maximum plus avancé d'au moins quatre semaines que celui mentionné dans la loi en vigueur (12 mois), en ce qui concerne les demandes non motivées par un problème de santé sévère de la femme ou une anomalie du foetus". A l'entendre, il s'agirait dès lors de faire passer à minimum 16 mois le délai autorisé pour l'avortement déterminé par la femme. La notion d'état de détresse doit être supprimée. Le délai de réflexion serait ramené à minimum 1 jour. Les deux professeurs ont souligné que la seule dépénalisation ne pourrait changer la pratique actuelle de l'IVG. (Belga)

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