Un peu naïvement, la Région wallonne s'informe sur l'usage des armes de la FN en Libye

21/02/11 à 13:17 - Mise à jour à 13:17

Source: Le Vif

La présidente du cdH et ministre fédérale de l'Emploi, Joëlle Milquet, a confié "s'interroger", à l'instar des organisations de défense des droits de l'Homme, sur l'usage qui est aujourd'hui fait des armes wallonnes vendues il y a quelques années à la Libye.

Un peu naïvement, la Région wallonne s'informe sur l'usage des armes de la FN en Libye

© Belga

La présidente des humanistes demande d'ailleurs, qu'à l'occasion de la réunion du gouvernement wallon mercredi, "on étudie, avec les éléments de traçabilité que nous avons, si oui ou non, il pourrait y avoir des hypothèses d'utilisation de ces armes (contre les civils)", a-t-elle déclaré sur BEL-RTL.

"Normalement non, parce que (ces armes sont) pour l'armée et pour accompagner des convois humanitaires, mais on n'est jamais sûr, et je pense que nous devons avoir une énorme vigilance en la matière", a-t-elle ajouté.

Interrogé lundi matin sur La Première, le sénateur Rik Torfs (CD&V) a, lui, sévèrement critiqué la vente d'armes wallonnes au régime de Kadhafi, et leur usage éventuel contre la rébellion populaire en cours.

"L'argent est plus important que les vies humaines", a-t-il notamment déploré. "Cela fait partie de notre monde cynique. Il faut combattre cela".

La Région wallonne s'informe

Le ministre-président de la Région wallonne Rudy Demotte a demandé à l'ambassadeur de Belgique à Tripoli de lui transmettre les "éléments d'information" permettant de "mesurer le risque d'utilisation" des armes wallonnes dans le cadre de la répression qui sévit en Libye.

La FN Herstal a conclu en 2008 un contrat de vente d'armes controversé à la Libye d'un montant de 12,2 millions d'euros.La Région wallonne avait délivré à l'entreprise liégeoise une licence d'exportation. Le gouvernement n'hésitera pas, s'il s'avère que le "certificat d'usage final" n'est pas respecté, à dénoncer la situation auprès de l'Europe, ce qui aurait pour conséquence une mise au ban de la Libye, souligne-t-on au cabinet du ministre-président Rudy Demotte.

Le contrat de la FN avec la Libye avait été dénoncé par les ONG. La Ligue des droits de l'Homme avait obtenu du Conseil d'Etat la suspension des licences. Le Conseil d'Etat doit encore se prononcer au fond sur l'octroi des licences.

Au cabinet de Rudy Demotte, on indiquait lundi que dans le cas précis de la Libye, la prudence avait prévalu "plus encore" qu'en temps normal. On rappelait également que toute décision d'octroi de licence s'envisageait en fonction des règles européennes réputées pour être les plus strictes au monde.

Cependant, le ministre-président partage l'inquiétude de la Ligue des droits de l'Homme au regard de la répression qui a cours en Libye, ajoutait-on au cabinet. C'est la raison pour laquelle la Région a demandé à l'ambassadeur de Belgique de s'informer sur l'usage des armes qui étaient destinées à une mission de sécurité dans le couloir humanitaire du Darfour. La Région wallonne se dit encore plus inquiète à propos de l'exécution d'un contrat russe de kalachnikovs de 1,3 milliard d'euros dont elle doute de la traçabilité qu'elle assure moins réputée que pour les armes wallonnes.

Le MR veut des informations

Les députés wallons du MR interpelleront le gouvernement wallon afin de connaitre le détail des livraisons d'armes de la FN-Herstal à la Libye, a indiqué lundi le président du parti, Charles Michel.

Nos élus au parlement wallon vont interpeller l'exécutif pour disposer de l'ensemble des informations, a-t-il affirmé au cours d'une conférence de presse à Bruxelles.

M. Michel a toutefois insisté sur l'"enjeu industriel" que représente la production de la FN, rappelant également que d'autres fournisseurs étaient "plus présents" en Libye que les entreprises d'armement belges.

Le Vif.be, avec Belga

En savoir plus sur:

Nos partenaires