"Un ministre-président au registre de langage qui fait penser à celui de Trump ou de Farage"

10/07/16 à 19:09 - Mise à jour à 20:29

Source: Belga

Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre, suite aux propos de Geert Bourgeois (N-VA), pour qui " la frontière linguistique est devenue aussi une frontière de la grève, et les Flamands crachent sur cela."

"Un ministre-président au registre de langage qui fait penser à celui de Trump ou de Farage"

© Belga Image

Grèves, quotas Inami et Brexit montrent la nécessité d'une réforme en 2019, selon Bourgeois

Le chef de groupe Groen au parlement flamand, Björn Rzoska, a jugé sur Twitter que M. Bourgeois tombait dans le "nationalisme de l'injure" lorsqu'il a parlé de Flamands crachant sur les grèves qui ont touché davantage le sud du pays ces derniers mois. "Le 'nous-eux' est de retour", a-t-il ajouté.

La présidente des Verts flamands, Meyrem Almaci, a quant à elle jugé ces propos "simplement grossiers, polarisants" et relevant d'un ministre-président "indigne", qui ne cherche qu'à "détourner l'attention de sa propre politique catastrophique"

Pour le président du sp.a John Crombez, le ministre-président flamand Geert Bourgeois "prend doucement la mauvaise habitude de communiquer sur le 11 juillet à l'encontre des gens, au lieu de le faire à l'avantage des Flamands, il devient un ministre-président de plus en plus triste". "Au lieu de dire des choses positives sur les Flamands à l'occasion de la Fête flamande, il a choisi de parler négativement des autres, je le déplore", a ajouté le président des socialistes flamands. "Même son appel à recevoir davantage de compétences sonne de plus en plus creux", commente John Crombez. "Voyez la manière déplorable avec laquelle le gouvernement flamand gère le dossier des allocations familiales, qui pèse des milliards d'euros. Et en tant que ministre-président, il s'en prend aux experts qui ont fait des remarques sur cette réforme. C'est honteux. C'est vraiment un petit ministre-président".

Hilde Crevits, vice-présidente CD&V du gouvernement flamand, a tenu à se distancier des propos de son chef de gouvernement Geert Bourgeois (N-VA), affirmant qu'il les a tenus en son nom propre et non en celui de l'exécutif. "Au CD&V, nous ne crachons pas sur les gens, même si nous ne sommes pas d'accord avec certains choix qui ont été faits de l'autre côté de la frontière linguistique", a-t-elle déclaré. Elle a dit en revanche partager certaines des préoccupations de Geert Bourgeois, par exemple sur les quotas de numéros Inami pour les médecins.

Le député flamand Robrecht Bothuyne (CD&V) regrette "que le ministre-président, à l'occasion de la Fête flamande, envoie au monde un commentaire sur le crachat, au lieu de parler de la Flandre en tant qu'entité fédérée sûre d'elle-même." "Un ministre-président (qui parle) de cracher sur l'autre, lors de notre fête flamande. Où est la conscience flamande respectueuse? #pasenmonnom #respect", a twitté M. Bothuyne. Interrogé par Belga, le député CD&V s'est demandé pourquoi Geert Bourgeois n'avait rien dit d'une Flandre vue comme une entité fédérée solide et affirmée en Belgique. "La Flandre a reçu des compétences qui permettent de donner des perspectives aux Flamands. Pourquoi donc devrait-il être question de cracher sur l'autre? Et même s'il fallait demander de nouvelles compétences, la dernière chose à faire est de cracher sur ceux avec qui l'on doit dialoguer". A ses yeux, "ce n'est pas là le registre de langage que l'on attend d'un ministre-président, cela fait plutôt penser à celui de Donald Trump ou de Nigel Farage".

A Courtrai, Geert Bourgeois a réaffirmé qu'à ses yeux, "le fossé entre la politique en Flandre et la politique en Wallonie ne cesse de se manifester". Et de citer les grèves, les routes aériennes, le contingentement des médecins, la politique internationale, ainsi que le budget: "la Flandre est la seule entité fédérée en ordre, sans impôts supplémentaires, sans dettes supplémentaires, sans économies douloureuses". "La Belgique est et reste un pays avec deux démocraties, un pays avec deux cultures politiques", a-t-il répété. "C'est pour cette raison que je suis persuadé que les entités fédérées doivent recevoir plus d'autonomie, que je suis persuadé que la Constitution en 2019 doit être soumise à révision".

Nos partenaires