Un immense projet immobilier émirati suscite la grogne à Belgrade

11/05/16 à 22:57 - Mise à jour à 22:57

Source: Belga

(Belga) Plus de 1.500 Belgradois ont manifesté mercredi contre un projet immobilier pharaonique de 2,75 milliards d'euros, mené par un promoteur émirati dans un quartier bohème de la capitale serbe.

"Voleurs! ", "Nous ne vous laisserons pas faire! ", ont scandé les manifestants, dont des responsables de l'opposition au Premier ministre Aleksandar Vucic. Ils ont déposé devant l'hôtel de ville un canard jaune géant en polystyrène, symbole traditionnel d'escroquerie en Serbie. Un événement survenu dans la nuit du 24 au 25 avril a renforcé la colère des opposants à "Belgrade Waterfront", dans le quartier de Savamala en bord de la Save, la rivière de la capitale: une trentaine d'hommes vêtus de noir et cagoulés, circulant dans des voitures sans plaque, ont bloqué l'accès à plusieurs rues du quartier, selon des médias locaux. Ils ont confisqué les portables des passants, les retenant et en malmenant certains, pendant que des bulldozers détruisaient plusieurs bâtiments. Dans un rapport rendu public cette semaine, l'ombudsman Sasa Jankovic, chargé de la médiation entre citoyens et autorité, reproche à la police de n'avoir pas réagi. Grand défenseur du projet, Aleksandar Vucic a qualifié "d'idiots" les hommes masqués qui ont agi de nuit, mais a relevé que les bâtiments étaient voués à la destruction. Celle-ci aurait dû avoir lieu "en plein jour" et il y aurait "assisté avec plaisir", a-t-il dit mercredi lors d'une conférence de presse. La Serbie et le promoteur immobilier émirati Eagle Hills ont signé en 2015 un accord sur un investissement de 2,75 milliards d'euros pour transformer ce quartier du XIXe siècle sur la rive droite de la Save, près du centre, en un luxueux complexe comprenant des immeubles d'habitation, des bureaux, des commerces et une tour de 200 mètres de haut. Le groupe investira directement 300 millions d'euros dans le projet, selon une déclaration des autorités serbes. Aucun détail sur le reste du financement n'a été révélé, ce qui suscite les critiques sur l'opacité du projet. (Belga)

Nos partenaires