Un enseignant prié de ne pas dévoiler son homosexualité en classe

20/08/14 à 11:56 - Mise à jour à 11:56

Source: Le Vif

Lors de son entretien d'embauche dans une école primaire bruxelloise néerlandophone, David Degreef, un enseignant de primaire de 31 ans, s'est entendu déconseiller de dévoiler son orientation sexuelle à ses élèves. L'histoire du jeune professeur, qui a refusé le poste, soulève de nombreuses réactions.

Un enseignant prié de ne pas dévoiler son homosexualité en classe

© iStock

Ainsi, Charles Huygens, le directeur général de l'instruction publique de la Ville de Bruxelles, s'est montré très étonné par la réaction du candidat. "Aucune discrimination, quelle qu'elle soit, n'est tolérée à la Ville de Bruxelles. Le chef d'établissement a simplement rappelé au candidat son devoir de réserve et sa neutralité. Celle-ci concerne autant l'orientation sexuelle, conviction politique ou religieuse" a-t-il fait savoir dans un communiqué cité par La Libre Belgique.

Interrogé par nos confrères de Knack, David Degreef a exprimé son désaccord à l'égard des déclarations du directeur général. "Je suis d'accord qu'un professeur doit faire preuve de neutralité, mais qu'est-ce que cela signifie ?" se demande l'enseignant. "Il me semble évident qu'il ne parle pas de ses préférences politiques ou religieuses. Mais là, il s'agit de choix. L'orientation sexuelle n'est pas un choix. Je ne peux pas me changer. Je suis né homosexuel, même si alors je m'en rendais évidemment pas compte".

Lieven Boeve, le directeur général du secrétariat flamand pour l'enseignement catholique, et Raymonda Verdyck, administratrice déléguée de l'enseignement de la communauté flamande (GO), ont exprimé leur soutien à l'égard du jeune enseignant. "Qu'on aime les hommes ou les femmes n'a aucun rapport avec la neutralité" a affirmé Verdyck.

Ni drapeaux arc-en-ciel ni plumes

Degreef estime qu'il s'agit d'une occasion manquée pour les élèves. "J'aurais pu leur montrer qu'il n'y a pas de différences entre les professeurs hétéro- et homosexuels. Ils ont le droit de connaître toutes les options, sans juger du bien ou du mal" explique-t-il. "La réaction de Huygens est tout sauf neutre. Il me juge. Si j'étais marié avec une femme, il n'y aurait pas le moindre problème" estime-t-il.

Au cours de sa carrière professionnelle, Degreef n'avait encore jamais vécu son orientation sexuelle comme un "problème". "Le problème est que certaines personnes d'imaginent que je me promènerais avec des drapeaux arc-en-ciel et des plumes, alors que ce n'est évidemment pas le cas. Pour moi, déclarer ouvertement mon homosexualité signifie simplement que je peux parler de ma relation avec mon mari".

De nombreuses réactions

L'histoire de Degreef a été ébruitée grâce à sa publication Facebook partagée plus de 800 fois. "Bien sûr, il y a toujours des gens qui disent des choses ignobles, mais j'ai reçu surtout des réactions positives. Pas seulement d'amis et de connaissances, mais également de gens que je ne connaissais pas. Les professeurs et les directeurs d'autres écoles trouvent que j'ai montré ce que doit représenter l'enseignement. Quelqu'un a écrit : "Chapeau, tu es un véritable professeur, car tu as donné la leçon principale à une classe de la taille de la Belgique".

KVDA/CB

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