"Un débat est nécessaire sur l'obligation d'avoir un permis pour l'achat de chargeurs"

15/04/16 à 18:28 - Mise à jour à 18:28

Source: Belga

(Belga) Dans le débat sur les mesures antiterrorisme à mettre en place, il est souhaitable, selon le conseiller politique de l'Institut flamand pour la paix Nils Duquet, qu'une discussion ait lieu sur l'obtention de certains éléments d'une arme à feu, comme par exemple les chargeurs pour les armes semi-automatiques. Nils Duquet, qui est également chercheur académique, estime par ailleurs que s'il doit y avoir un renforcement de la législation sur les armes, celui-ci doit avoir lieu à l'échelle européenne sans quoi "les terroristes tiendraient compte des frontières pour s'approvisionner", a-t-il déclaré vendredi à Madrid où il assiste à un congrès.

"Un débat est nécessaire sur l'obligation d'avoir un permis pour l'achat de chargeurs"

"Un débat est nécessaire sur l'obligation d'avoir un permis pour l'achat de chargeurs" © BELGA

La réflexion de Nils Duquet a été nourrie par le fait que les enquêteurs en terrorisme ont constaté que Khalid El Bakraoui - qui s'est fait exploser à la station de métro Maelbeek le 22 mars 2016 - avait acheté à diverses reprises l'été dernier des chargeurs légaux pour Kalachnikovs et mitraillettes dans un magasin d'armes en province de Brabant flamand. "Une discussion politique est nécessaire sur l'obligation d'avoir un permis pour l'achat de chargeurs, car il s'agit d'un élément essentiel de ces armes. Pour ce qui est des munitions, une autorisation obligatoire est déjà nécessaire", a précisé l'expert en armes à feu. "A l'heure actuelle, les chargeurs sont en vente libre et si tu es majeur, tu peux en acheter sans problème." L'arme de guerre entièrement automatique Kalachnikov est quant à elle interdite par la loi, sauf pour les collectionneurs reconnus. "Certaines variantes semi-automatiques sont en vente, à condition que tu puisses soumettre un permis ou une licence, comme c'est le cas pour les tireurs sportifs et les chasseurs", a-t-il poursuivi. "En outre, il faut également tenir compte du marché des armes de guerre désactivées ou neutralisées, où il est facile de s'approvisionner", souligne Nils Duquet. "Elles viennent principalement d'Europe de l'Est et sont commercialisées légalement. Il s'agit souvent d'armes semi-automatiques de type kalachnikov, comme par exemple le CZ 58 de Tchéquie. Le problème avec de tels fusils, c'est qu'ils peuvent être facilement réactivés et donc à nouveau utilisables. Le terroriste Amédy Coulibaly (auteur de l'attaque dans une supérette casher le 9 janvier à Paris) a attaqué avec une Kalachnikov qui avait été réactivée. C'est justement pour cette raison que l'Europe a décidé, après les attentats de novembre, de durcir la procédure de désactivation." (Belga)

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