Un bourgmestre sur cinq craint de devoir licencier

06/12/13 à 09:19 - Mise à jour à 09:19

Source: Le Vif

De nombreux bourgmestres de Wallonie estiment que la situation financière de leur commune se dégrade et un sur cinq craint de devoir licencier, selon un sondage réalisé par les journaux du groupe L'Avenir.

Un bourgmestre sur cinq craint de devoir licencier

© BELGA

Le quotidien, qui leur avait a adressé un questionnaire, a reçu des réponses détaillées de 193 d'entre eux. Trente-sept disent craindre des licenciements, 13 l'envisagent "peut-être", et 142 répondent pas la négative.

Une grande majorité des bourgmestres (136) estiment que la situation financière se dégrade. Face à cette évolution, outre les licenciements, un nombre significatif (57) envisage une augmentation de la fiscalité, tandis que 130 s'y refusent. Une petite centaine affirme vouloir développer une idée originale pour maîtriser les finances.

Le dossier de L'Avenir fait état par ailleurs des graves préoccupations quant à l'évolution attendue des charges de pensions. La plupart des communes n'ont en effet pas suffisamment cotisé pour faire face au vieillissement. "C'est une véritable bombe à retardement", selon l'économiste de l'UCL Jan Hindriks. "Tous les indicateurs étaient là mais tout le monde a fait semblant de rien. C'est vraiment le court-terme qui l'a emporté".

Interrogé, le ministre wallon des pouvoirs locaux, Paul Furlan (PS), apporte des nuances. "Oui, il y a des situations compliquées, mais les situations varient très fort", dit-il. "Quand je vois Eerdekens (le bourgmestre PS d'Andenne, ndlr) qui licencie alors qu'il a un boni de cinq millions, je m'interroge. Je ne pense pas que ceux qui crient le plus fort sont ceux qui ont nécessairement raison".

M. Furlan égratigne aussi les mandataires qui veulent raboter leur salaire. "C'est illégal et antidémocratique", affirme-t-il. "Et si la loi le dit, c'est pour éviter que la politique appartienne à ceux qui en ont les moyens". "Mais bon", conclut le ministre, "si vraiment certains veulent faire un effort, qu'ils le fassent sous forme de don à leur CPAS ou à leur commune".

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