Un accord sur l'effort budgétaire le plus important de l'histoire de la Belgique

11/03/12 à 12:48 - Mise à jour à 12:48

Source: Le Vif

Avec un effort cumulé des 11,3 milliards d'euros réalisé en décembre dernier et de l'assainissement complémentaire de 1,82 milliard trouvé lors de la semaine écoulée, la Belgique n'aura jamais réalisé un effort aussi important de toute son histoire, a affirmé dimanche le Premier ministre Elio Di Rupo, présentant l'accord conclu au cours de la nuit, aux côtés des ministres Chastel, Onkelinx et Vanackere.

Un accord sur l'effort budgétaire le plus important de l'histoire de la Belgique

© Image Globe

Le projet d'ajustement est celui de la rigueur soutenable pour la population et la compétitivité des entreprises. Les recettes supplémentaires proviendront essentiellement des transactions boursières, d'une répression accrue de la fraude via le travail au noir, du secteur pharmaceutique et des fumeurs via une augmentation des accises.

"Le gouvernement veut protéger la population et les entreprises de la spéculation et de la dégradation des conditions de vie dans le pays. Nous avons opté pour la rigueur soutenable, la prudence et la relance par un choix de mesures justes et équilibrées", a affirmé le Premier ministre dès l'entame de la conférence de presse.

Elio Di Rupo a souligné que ce faisant, la Belgique renforçait sa crédibilité sur les marchés européens car des pays dont le déficit dépassait les 3%, elle est parmi les meilleurs si pas le premier de la classe. Il a comparé la limitation du déficit de l'Etat à 2,8% aux 4,5 % des Pays-Bas et aux 6% de la France.

Selon le Comité de monitoring, le gouvernement devait faire 1,47 milliard d'effort, et 500 millions de mise en jachère de dépenses. Au final, le comité ministériel restreint a choisi d'être plus prudent en réalisant 350 millions d'économies en plus, et 150 millions de réserve complémentaire, a-t-il souligné.

Pour la Vice-première ministre cdH Joëlle Milquet, il s'agit d'un "accord équilibré qui assainit sans meurtrir et qui ne touche ni à la croissance ni à la compétitivité ni à l'emploi ni aux politiques sociales". A ses yeux, les ministres autour de la table ont trouvé "le bon équilibre pour respecter les objectifs du gouvernement mais en le faisant de la manière la plus douce possible".

La satisfaction était aussi de mise dans le chef du ministre des Finances Steven Vanackere (CD&V). Pour lui, le gouvernement a surtout réalisé des économies sur son propre fonctionnement et en faisant peu ou pas appel à de nouvelles recettes.

"Celui qui fume beaucoup devra peut-être commencer à se demander s'il ne ferait pas mieux d'arrêter. Certaines transactions boursières et banques étrangères devront contribuer à la stabilité budgétaire du pays", a-t-il commenté.

Au passage, le Vice-premier ministre social-chrétien flamand a mis en avant des mesures, un moment sur la table, qui n'ont pas été retenues: une amnistie fiscale pour l'argent placé à l'étranger, le report dans le temps du remboursement des sommes dues par l'Etat au citoyen dans le cadre de la déclaration fiscale.

Plutôt souriant lui aussi, le Vice-premier ministre Open Vld a souligné que l'accord était très équilibré et qu'il n'alourdissait pas les charges des familles, des consommateurs et des entreprises.

Selon lui, les mesures fiscales rapporteront 50 millions d'euros, ce qui représente une paille dans un ajustement de 2,5 milliards d'euros - ndlr: 1,8 milliard plus 650 millions de gel de dépenses -.

La gestation de l'accord a certes duré sept jours, mais cela a permis de trouver quelque 2,5 milliards d'euros, a-t-il dit.

L'option d'une gestion plus rigoureuse des dépenses de l'Etat a primé

Le contrôle budgétaire s'est fait sur une gestion encore plus rigoureuse du train de vie de l'Etat et pas en multipliant de nouveaux impôts, s'est réjoui le président du MR, Charles Michel.

"Le MR a clairement fait savoir avant les négociations, qu'il ne souhaitait pas une solution de facilité qui toucherait immédiatement les familles, les consommateurs et les entreprises. Je me réjouis que ce contrôle budgétaire se soit fait sur une gestion encore plus rigoureuse du train de vie de l'Etat et pas en multipliant de nouveaux impôts", a déclaré le président du Mouvement Réformateur.

Charles Michel s'est aussi félicité que, par les options retenues, le gouvernement fédéral respectera ses engagements budgétaires européens. Il le fera sans toucher au pouvoir d'achat du citoyen, la compétitivité des entreprises tout en s'engageant à prendre des précautions avant d'inscrire toute nouvelle dépense budgétaire à l'ordre du jour du Conseil des ministres.

Ce contrôle budgétaire est aussi un signal important pour les entreprises qui sont épargnées de nouvelles charges ou taxes supplémentaires, a ajouté le président des libéraux francophones.

Le Mouvement Réformateur a enfin salué le fait que 2/3 des mesures adoptées pour l'année 2012, influenceront positivement le Budget 2013.

Un projet un peu flou pas assez ciblé sur l'emploi, dit Olivier Deleuze


Le projet d'ajustement budgétaire est un peu flou, a affirmé le co-président d'Ecolo, Olivier Deleuze. Invité de "L'indiscret" (La Une-RTBF), il a indiqué que son parti aurait demandé que les mesures de soutien à la compétitivité des entreprises soient liées à de la création d'emploi, aux technologies du futur et au développement durable.

L'addition aggravée par la mauvaise préparation de la copie en décembre

La hauteur de l'effort, qui a été imposé à l'occasion de l'ajustement budgétaire, a été dictée par le fait que le gouvernement Di Rupo avait mal préparé sa copie en décembre, a affirmé dimanche le député et vice-président du FDF Bernard Clerfayt, membre du gouvernement sortant passé dans l'opposition. "Vous avez mal préparé votre copie. Le premier budget a été critiqué par la Commission européenne. La croissance baisse à cause des mesures que vous prenez. L'ouverture de crédits crédit hypothécaires a ainsi diminué de 50 pc en janvier", a-t-il lancé, sur le plateau de "Mise au point" diffusé dimanche midi sur la RTBF au grand dam des représentants du gouvernement (Mmes Onkelinx, Milquet et M. Chastel) pour qui la crise économique mondiale, surtout, a tenu un rôle déterminant.

Le Vif.be, avec Belga

En savoir plus sur:

Nos partenaires